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Mostaganem

MessagePosté: Jeu Sep 28, 2006 12:41
de mbibany
Mostaganem

Par M. A. Haddadou


Mostaganem est située à 365 km à l’ouest d’Alger. Elle a été longtemps la principale ville de l’Ouest algérien avant de céder la place à Oran.

Mostaganem est composée d’une vieille ville au creux d’un ravin creusé par l’oued Sefra, et d’une ville moderne qui n’a pas cessé de prendre de l’extension.

Les Phéniciens avaient fondé, dans la région, un comptoir du nom de Murustaga, situé dans les environs de la ville actuelle. On ignore la date de la fondation du comptoir, on ignore également s’il existait, sur le site, une agglomération antérieure, le nom de Murustaga ayant une consonance berbère.

Les Romains, en s’emparant de l’Afrique, ont édifié sur le site une ville qui a pris, sous le règne de Galien (260-268), le nom de Cartenna.

On pense que la ville a été détruite par un des séismes qui ont ébranlé, dans l’Antiquité, la côte septentrionale du Maghreb et qui expliquent l’aspect abrupt, voire déchiqueté de la côte de Mostaganem.

Les sources ne feront plus mention de Murustaga et de Cartena, le port et la ville, qui ont été sans doute engloutis. Il faut attendre l’arrivée des musulmans pour que Mostaganem soit de nouveau évoquée.

Une localité berbère a succédé à Cartena : les sources musulmanes évoquent une cité nichée au fond d’un golfe, entourée de murailles et, signe de son importance, possédait des bazars, des bains et des jardins. En 1082, le prince almoravide Youcef Ibn Tachfine y construit un fort appelé Bordj El-Mehal qui, depuis, a été transformé en pénitencier.

La ville tombe ensuite sous la domination des Zianides de Tlemcen, puis des Mérinides de Fès. C’est le prince Mérinide Abou al-Hassan qui a fait construire la mosquée en 1340. Cette mosquée, encore debout, a été fortement endommagée durant la conquête coloniale, l’édifice ayant servi de caserne jusqu’en 1845, date de la visite de Napoléon III.

La cité n’a cessé de s’agrandir et de s’orner de monuments, elle acquit aussi la réputation de ville du savoir avec une vie mystique intense, ainsi qu’en témoignent les nombreux sanctuaires, le plus célèbre étant celui de Sidi Lakhdar Benkhelouf, poète (et panégyriste du Prophète), mystique et guerrier (il a participé notamment à la bataille de Mazaghran, en août 1558, au cours de laquelle les envahisseurs espagnols ont été écrasés.

C’est justement pour prévenir une occupation par les Espagnols, qui ont imposé en 1511 à la ville un traité de capitulation, que les Turcs prennent Mostaganem et en font une place forte contre les occupants, installés à Oran.

Après leur défaite à Mazaghran, les Espagnols vont renoncer à prendre la ville. L’importance de Mostaganem n’a cessé de s’affirmer depuis le XVe siècle. L’arrivée de milliers d’Andalous, chassés d’Espagne par la Reconquista, va donner un grand élan à l’agriculture et à l’artisanat.

C’est de cette époque que datent les grandes exploitations agricoles qui vont faire la renommée de la ville et des villages des environs, comme Tigdit, Matmor et Mazaghran. Kheyreddine, l’un des frères Barberousse, l’agrandit et l’entoure de murailles imposantes, dont il reste encore quelques vestiges.

Au nord de l’actuelle place du 1er-Novembre-1954, se trouvait le quartier turc de Tobbana, en turc Top Hana, lieu où était disposée la batterie qui surveillait le port.

Mostaganem est toute désignée pour être la capitale du beylik de l’ouest : elle gardera cette fonction jusqu’à l’évacuation d’Oran par les Espagnols, en 1792. Les Turcs feront transférer une partie de la population de Mostaganem à Oran, la nouvelle capitale, qu’il fallait repeupler.

Le noyau ancien de Mostaganem, situé hors de ses murs, correspond au quartier de Tigdit, nom parfois cité comme première dénomination de la ville. On trouve à Tigdit de vieilles mosquées ainsi que des sanctuaires dont celui de Sidi Maâzouz al-Bahri, un mystique berbère du XIIe siècle.
Après avoir occupé Oran en 1831, les Français se tournent contre d’autres villes, dont Mostaganem. Celle-ci, résiste, sous la conduite de l’Emir Abdelkader ; ce n’est qu’en juillet 1833 que le général Desmichels parvient à la prendre. En 1834, les Français autorisent l’Emir à déléguer un consul dans la ville ; la même année, ils y instituent un bey, placé sous leur commandement. Le traité de la Tafna, qui restitue des localités à L’Emir, va leur laisser Mostaganem.

La ville va connaître, au cours de l’occupation française, de nombreux changements. Le percement de rues et de boulevards, sur le modèle des villes européennes, va provoquer la disparition de nombreux vestiges et monuments des temps passés. C’est le cas du mausolée de l’un des saints les plus vénérés autrefois de Mostaganem, Sidi Saïd, dont l’édifice a été démoli lors de l’érection des piliers et marches du jardin public