TAGHASTE: patrie de St-Augustin

Histoire des regions berberes du monde (en dehors de la Kabylie)

Modérateur: mbibany

TAGHASTE: patrie de St-Augustin

Messagede M.B » Mer Oct 05, 2005 12:21

Un livre de Nacéra Benseddik
Plaidoyer pour saint Augustin de Souk-Ahras



* Taghaste, Souk Ahras, patrie de saint Augustin est le titre d’un livre de Nacéra Benseddik publié en juillet 2005 en Algérie par les éditions Inas. Cet ouvrage est édité dans la collection Juste dire/patrimoine dont l’objectif principal est de mettre à la disposition des lecteurs non avertis des publications portant sur des sujets réservés habituellement à des spécialistes et des chercheurs.

L’ouvrage reprend des écrits publiés au milieu du 19e siècle (entre autres du général Duvivier ainsi qu’une monographie réalisée par un médecin français de l’époque) qui rapporte que la ville coloniale a été construite sur un site archéologique près d’un cimetière, de figuiers et où l’on retrouve des fragments de bâtiments autant de témoins vivants de l’histoire de cette ville berbère.

Selon elle, il n’y a pas eu de chantiers de fouilles dans la ville de Souk Ahras et les quelques objets trouvés et fragments de pierres, qui sont autant de témoins de l’histoire de la ville, sont soit entreposés dans les musées de Constantine ou Annaba ou ont complètement disparu.

Nacéra Benseddik axe son travail sur les origines libyco-berbères de cette ville qui a vu naître saint Augustin dont la mère Monique (un nom berbère) a épousé un païen. Selon elle, de 1932 à 1937 il a été trouvé dans la ville de Souk-Ahras 213 inscriptions libyques qui renseignent sur la vie de cette époque et dont il ne reste malheureusement qu’une seule aujourd’hui.

Pour Benseddik, saint Augustin est un Africain, berbère qui a été romanisé, et le débat en cours actuellement parmi les spécialistes sur ses origines, qui seraient à 100% romaines, n’a pas lieu d’être puisqu’il ne présente pas d’argument sérieux, ne serait-ce que pour ceux qui savent que Thagaste, l’ex-nom de Souk Ahras, est un nom berbère et que le Libyque (un dérivé du tifinagh saharien actuel) est à l’origine des dialectes "parlers berbères" du Maghreb.

L’auteur s’interroge s’il est prudent de dire que saint Augustin n’est pas berbère même si, indique t-elle, il porte un prénom (Aurelius) d’origine romaine qui lui a été attribué après qu’il eut acquis la citoyenneté romaine sous le règne d’un des trois empereurs de l’époque à savoir Marc Aurèle, Commode ou Caracalla.

Nacéra Benseddik, bien connue dans le secteur de la culture en général, et en particulier dans celui de la protection et de la valorisation du patrimoine archéologique et historique, a voulu, à travers ce livre intitulé "Thagaste patrie de saint Augustin", rendre à la ville de Souk Ahras ce qui lui appartient puisqu’elle se propose de faire connaître au grand public que ce personnage de l’Afrique chrétienne est un enfant du pays. Nacéra Benseddik dira qu’en écrivant ce livre elle espérait rendre justice à la ville de Souk Ahras qui a vu naître ce grand homme qu’on associe tout le temps à la ville de Annaba (ou Hippone) ou à Carthage en Tunisie et l’idée de concrétiser son projet est venue après la tenue du colloque organisé en Algérie sur ce saint homme de l’Afrique chrétienne.

Après la présentation d’une communication sur le thème et la publication des actes de ce colloque, elle décida d’en faire un petit ouvrage destiné au grand public afin de le réconcilier avec ses racines diverses comme elle se plaît à le dire. En femme de terrain et en tant que personne érudite puisque Nacéra Benseddik est auteur de quatre ouvrages et de dizaines d’articles publiés dans des revues scientifiques spécialisées, elle va à la recherche de "traces écrites sur les pierres pour interroger l’histoire de cette ville millénaire qui a vu naître ce pilier de l’Eglise chrétienne d’Afrique". Ce livre, indiquera l’auteur, lui tenait beaucoup à cœur puisqu’il lui a permis aussi de parler de la collection de pièces archéologiques romaines et chrétiennes trouvées dans cette ville et qui méritent d’être réunies dans un musée.

Son plaidoyer pour la mise en place d’un musée, comme cela a été promis par les autorités locales, elle le réitère dans cet ouvrage en y présentant une partie de la collection dont il reste encore des traces.

Selon elle, l’UNESCO avait en 1964 inventorié 45 documents dont une bonne partie a hélas disparu. L’inventaire actuel comporte des amphores, des sculptures sur marbre, des statues, des fragments d’objets en céramique, des lots de briques, des stèles puniques ou anépigraphes à représentations humaines, des objets en verre, des tuiles, des objets en bronze et autres lampes et pièces de monnaies datant des périodes numide et romaine dont trois en or.

Aujourd’hui dira l’auteur, "Souk Ahras n’est pas Carthage, ni Annaba. Elle n’a rien à offrir, ni théâtres, ni forum, ni thermes, aucun temple païen, aucune basilique chrétienne.

"Le musée promis il y a trois ans tarde à venir. Pourtant si nous réussissons à leur donner vie, les modestes pierres éparses qui ont miraculeusement survécu, comme autant de flashs de l’antique cité, nous paraissent les plus aptes à nourrir l’image et l’africanité de l’Aurelius Augustinus", conclut l’auteur non sans une note de pessimisme teinté d’espoir.

source: EL MOUDJAHID -Le:mardi 04 octobre 2005
M.B
 

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