GUELMA : la repression du8mai45

Histoire des regions berberes du monde (en dehors de la Kabylie)

Modérateur: mbibany

GUELMA : la repression du8mai45

Messagede mbibany » Ven Mai 05, 2006 11:34

Guelma

Par M. A. Haddadou



Guelma est située à 106 km au nord-est de Constantine, à 290 mètres d’altitude, non loin de l’oued Seybouse.

La ville occupe l’emplacement de l’antique Calama qui existait déjà avant les Carthaginois et les Romains, ainsi que l’atteste la découverte d’inscriptions libyques, cette vieille écriture berbère.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Elle aurait été une ville fortifiée où les rois numides conservaient leurs trésors.

On sait par l’historien Paul Orose, contemporain de saint Augustin, qu’en 109 avant J.-C., Jugurtha a vaincu, près de Calama, le général romain Postinius qui tentait de prendre le trésor du roi numide.

Avant Orose, Salluste a également évoqué la défaite du général romain, en précisant que la ville où se trouvait le trésor de Jugurtha s’appelait Suthul et qu’il s’agissait d’une ville fortifiée, à l’extrémité d’une montagne escarpée. Suthul était entourée d’une plaine que les pluies de l’hiver avaien transformée en marécages et où les troupes romaines s’étaient embourbées.

C’est là que Jugurtha a surpris le Romain et, celui-ci, pris au piège, a dû s’engager à se retirer de la région dans un délai de dix jours.
On a cru que Suthul et Calama étaient une seule et même cité, mais la découverte de vestiges romains, à quelques kilomètres de Calama, sur les flancs du djebel Mahouna, font penser à une autre cité, ou du moins à un fort, dépendant de Calama.

Calama a d’abord été une ville militaire occupant une position stratégique, reliant Hippo-Régius (Annaba), sur le littoral, à Cirta (Constantine), à l’intérieur et, au-delà, vers la Maurétanie.

Elle est devenue municipe sous l’Empire puis colonie, avec toutes les commodités d’une grande ville, dont il subsiste de nombreux vestiges.

Le théâtre, construit vers 372, à l’époque de Valentinien, a été reconstitué en 1908 et on y a aménagé un musée qui renferme de belles collections d’arts.

On citera notamment la statue géante d’Esculape, le dieu de la médecine et celle de Poséidon, le dieu de la mer qui seraient des divinités d’origine berbère ou en tout cas recouvrant la personnalité de divinités vénérées par les Berbères.

Le musée renferme aussi des pièces de l’époque chrétienne, provenant de Guelma ou de localités proches comme M’daourouch (Madaure) ou Khémissa.

On citera notamment la statue de l’écolier de Madaure, appelée «statue de saint Augustin enfant».

Autre pièce célèbre : l’autel domestique de Anouna, dédié à Antistius Advenius Postumus, par son esclave affranchi Antistius Agathopus en 164.

Cet autel représente un génie offrant une libation. Antistius Adventus a été légat de plusieurs régions de l’Empire : Arabie, Alpes, Germanie…

On a retrouvé aussi, à Guelma, des vestiges d’un établissement thermal dont un portail et des fours, placés en contrebas et alimentés par des sources d’eau chaude se trouvant dans le voisinage de la ville.

Calama a été l’un des greniers de Rome, fournissant à la capitale de l’empire les céréales, mais aussi l’huile dont elle avait besoin.
Elle a été également l’un des centres les plus actifs du christianisme africain, donnant à l’église plusieurs évêques, dont Possidius, ami et biographe de saint Augustin.


Au Ve siècle, la ville est tombée aux mains des Vandales et Possidius, ainsi que de nombreux habitants de Calama sont allés se réfugier à Hippo Regius.

Les Byzantins reconquièrent la ville et Salomon, général de Justinien, y fait construire une forteresse.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

A l’époque musulmane, la ville a gardé une certaine importance et elle connaît même une certaine prospérité sous les Fatimides, puis la dynastie berbère des Zirides.
Les invasions des Beni Hilal, venus d’Arabie aux XIe et XIIe siècles, la ruinent. Calama, devenue Guelma, n’est plus qu’une petite ville sans grande importance.

Au XVe siècle, les Turcs vont entretenir de grands domaines agricoles.
Et, au XIXe, avant la conquête française, Guelma et sa région étaient prospères. Il s’y tenait notamment, non loin des ruines romaines, un gros marché qui attirait les habitants de toute la région.

Il y avait aussi une agglomération, héritière de l’antique Calama et qui n’était pas, ainsi qu’allaient le soutenir les auteurs de la colonisation, «un amas de gourbis» ; en témoigne la farouche résistance opposée par les habitants de Guelma à l’armée française en 1837.

Il faut attendre la prise de Constantine pour voir Guelma tomber. Et pour parer aux attaques des tribus algériennes, on a dû fortifier le ville. Celle-ci va garder l’allure d’un camp militaire jusqu’en janvier 1845 où, par arrêté du ministère de la Guerre, un centre de colonisation civile est créé, avec distribution de terres à des immigrants européens.

Pour avoir manifesté pour l’indépendance, le 8 Mai 1945, Guelma a subi, à l’instar de Sétif et de Kherrata, une féroce répression qui a coûté la vie à des milliers de personnes.

Le nom de Guelma dérive de la forme antique, Calama. Selon une hypothèse, la forme originelle du nom serait Malaka, nom d’origine punique qui signifierait «la Royale» (cf hébreu malak, arabe malik «roi»), parce que la ville était une ville de résidence des rois numides.
En punique comme en lybique, le nom se lisait de droite en gauche : MLK, soit KLM, les Romains, dont la langue s’écrivait de gauche à droite, l’ont lu à l’envers, Kalama, avec l’orthographe Calama.

Notre beau pays
M.A. Haddadou

INFOSOIR.com
mbibany
 
Messages: 695
Inscription: Jeu Mai 26, 2005 08:37

Retourner vers Histoire - General

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron