SETIF: Il était une fois le 8 mai 1945

Histoire des regions berberes du monde (en dehors de la Kabylie)

Modérateur: mbibany

SETIF: Il était une fois le 8 mai 1945

Messagede mbibany » Lun Mai 08, 2006 08:51

Il était une fois le 8 mai 1945
L’ethnocide de Sétif...


Le mardi 1er mai 1945, déjà

Des dirigeants du bureau clandestin du PPA de Messali Hadj- ce dernier emprisonné, venait d’être transféré quelques jours plus tôt d’EI Goléa au cœur du Sahara, à Brazzaville au Congo (23 avril 1945) - décidèrent d’organiser des manifestations pacifiques, le 1er mai 1945, « afin de montrer aux autorités françaises et à l’opinion internationale la volonté des Algériens de vivre libres et indépendants ». Au niveau de la rue d’Isly - actuelle rue Larbi Ben Mhidi - les pieds-noirs se mirent à tirer sur les manifestants de leurs balcons, le plus naturellement du monde, sans être inquiétés par personne. Yacef Saâdi, qui deviendra le chef de la Zone autonome d’Alger, faisait partie de la manifestation. Il écrit dans ses Mémoires : « L’une des processions empruntant la rue d’lsly fut prise à partie par la police qui se mit à tirer sans sommations. Un porte-drapeau s’écroula à côté de moi, tué sur le coup. On dénombra plusieurs morts et blessés ». Mohamed Belhefaf, le premier martyr de Mai 1945 Un autre militant, Benali Boukort, parle de soldats français qui avaient mitraillé les manifestants : Mohamed Belhefaf qui fut le premier martyr de ces événements de Mai 1945 - ceux de Sétif allaient suivre quelques jours plus tard- dit à son voisin : « Je suis touché, frère reprend l’étendard ». Il y eut plusieurs morts et sur les 9 blessés graves transportés à l’hôpital Mustapha, aucun ne survivra. Plusieurs dizaines d’arrestations furent opérées parmi les manifestants. A Oran, on releva 1 mort et plusieurs blessés parmi les Algériens ce même jour. Le Parti communiste algérien dans un tract daté du 3 mai 1945 et intitulé « A bas les provocateurs hitlériens » rejeta la responsabilité des incidents sur les dirigeants nationalistes algériens qui furent assimilés à des nazis : « La provocation vient du PPA qui prend ses mots d’ordre à Berlin, chez Hitler, celui qui massacre et torture sans distinction les vaillants soldats de l’armée française Européens et musulmans (...) le PPA développant en Algérie ses mots d’ordre d’indépendance, de création du maquis algérien et semant la haine entre Algériens, en organisant des troubles, est le parti qui applique en Algérie les mots d’ordre que donnent les hitlériens à la radio nazie ». La CGT alliée au Parti communiste algérien dénonça « cette attitude criminelle des musulmans algériens », en proclamant à nouveau « l’union contre le fascisme ». De jeunes appelés algériens du service militaire organiseront le 2 mai 1945 une manifestation politique, au cours de laquelle, ils entonnèrent l’hymne Min Djibalina (De nos montagnes) créé en 1933 par le poète Mufdi Zakariya (1908-1977). On doit à ce dernier la création de l’hymne national algérien, qui sera mis en musique par Mohamed Triki en 1956, avant d’être arrangé par le compositeur égyptien Mohamed Fawzi. « Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre ». D’autres manifestations musulmanes algériennes en faveur de l’indépendance seront encore réprimées d’année en année. Dont celle qui eut lieu lors du défilé populaire du 14 juillet 1953 à Paris, au cours de laquelle on releva plusieurs morts. Le 17 octobre 1961 des manifestants algériens furent jetés à la Seine.

Un crime contre l’humanité

Yalla Abdelkader, le chef du groupe scout Al Hayat, qui vécut les événements de Sétif, contacta les autorités locales pour obtenir la permission d’organiser une cérémonie de recueillement : « Nous voulons faire une prière à la mosquée, pour remercier Dieu d’avoir mis fin à la guerre et de nous avoir donné la victoire. Ensuite, nous irons déposer une gerbe de fleurs au monument aux morts ». Tel fut, semble-t-il, le point de départ de la terrible répression de Sétif. Ce jour-là qui était jour de marché permettait aux paysans algériens de venir vendre leurs produits en ville. En outre, il correspondait à la fin du conflit mondial à la grande joie de tous ceux qui avaient un membre de leur famille engagé dans la guerre. C’est donc par milliers, que les Algériens s’étaient regroupés en ville. Ferhat Abbas s’associa également à la victoire remportée par les troupes alliées en faisant remettre au Gouverneur général de l’Algérie ce 8 mai 1945, une lettre qui disait entre autres « le rassemblement des Amis du manifeste et de la liberté qui groupe tous les musulmans sans distinction d’opinion, fidèle interprète des masses musulmanes, s’associe, en ce jour solennel de la victoire et de la démocratie, à la joie et à la fierté des armées alliées et des peuples libres. Conscient d’avoir contribué à cette victoire par l’effort et le sang de ses enfants, le peuple algérien assure le peuple français, le gouvernement de la République et les gouvernements des Nations unies de sa solidarité inébranlable dans la marche vers la conquête des libertés humaines ». Les Amis du manifeste et de la liberté (AML) regroupaient des Algériens de tous bords, les oulémas, le PPA de Messali Hadj, les intellectuels, les marabouts, les socialistes, les communistes... Le nombre des adhérents aux AML s’élevait à 500 000. Le 8 mai 1945, le cortège devait partir de la mosquée vers 9 h 15, pour se rendre au monument aux morts. L’autorisation avait été accordée par les autorités administratives françaises. Le service d’ordre des Algériens veillait au désarmement des manifestants. Le drapeau algérien figurait parmi ceux des pays alliés anglais, américain et russe. La manifestation devait être distincte de celle des Européens qui devait avoir lieu l’après-midi. Deux cent scouts en tenue ouvraient la marche en chantant des hymnes patriotiques. Les pancartes et les banderoles furent déployées qui disaient : « A bas le colonialisme vive l’Algérie libre et indépendante », « Libérez Messali ». La police française a tenté de s’emparer de l’étendard algérien, ainsi que des banderoles brandies par les manifestants. Une marée humaine les en empêcha. Le porteur du drapeau Saal Bouzid fut abattu par un policier. ainsi que des banderoles brandies par les manifestants. Les noms des responsables du massacre des Algériens sont connus. Le commandant Rouire chef d’état-major, assisté des commandants Biraben, Bobillon et Mazuca. Les Zerkowitch et Boissenot, Lestrade-Carbonnel, le préfet de Constantine et le sous-préfet Achiary. Les commissaires Tort, Valere, Chauveau et Oliveri. Pour la milice, Champ, président des anciens combattants, Garivet, Cheylan Gabriel, Trazirini, Jean Alexandre, ainsi qu’un Algérien d’origine juive : Attali. Les juifs prirent une part active à la curée. Quelques années auparavant le 7 octobre 1940, une ordonnance signée par le maréchal Petain, par son garde des Sceaux Raphaël Albert ainsi que par le ministre de l’Intérieur Marcel Peyrouton, abrogea le décret Cremieux qui accordait depuis 1870 la nationalité française aux juifs d’Algérie. Considérés comme indigènes de second ordre, les juifs algériens perdaient ainsi tous les droits acquis depuis 1870. Autrement dit, l’Edit d’expulsion d’Espagne, revu et corrigé par le gouvernement de Vichy. Des fetwas émises par les religieux musulmans circulèrent parmi les populations, qui interdisaient aux Arabes et aux Kabyles d’acheter les biens confisqués des juifs, par solidarité.

Fours crématoires

Pour masquer leurs crimes, les miliciens, parmi eux des éléments juifs, oublieux de l’ignominie dans laquelle les plongèrent les nazis et le régime de Vichy, brûlaient les cadavres dans des fours à chaux. L’opération dura une semaine. Un témoignage est rapporté par Benhamla Saci, qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux d’Héliopolis. Celui-ci décrit l’insupportable odeur de chair brûlée et l’incessant va-et-vient des camions qui venaient décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre. L’hebdomadaire Liberté sous la plume de Louis Rives écrivait : « 200 victimes ? Nous sommes loin du compte !. Et la milice M. Tixier ? ». Une note adressée au général Tubert au lendemain des massacres par Roger Esplaas dit : « (...) l’armée a complètement rasé un douar... A Sétif, on m’a confirmé le caractère impitoyable de la répression qui a été exercé sur la région. On m’a cité les chiffres : 20 000 musulmans auraient été massacrés. La région nord de Sétif n’est plus qu’un vaste cimetière ». Selon le général Weiss, 20 actions répressives auraient été menées dans la seule région de Guelma par 28 avions durant 15 jours. Les croiseurs Duguay Trouin et le Triomphant ne cessaient pas de bombarder la région de Bougie, de Kherrata et de Jijel. A la tribune de l’Assemblée consultative, le ministre de l’Intérieur, Tixier, déclarait le 18 juillet 1945 : « D’après des rumeurs persistantes, systématiquement propagées en Algérie, en France métropolitaine, à l’étranger et particulièrement aux Etats-Unis, la répression civile et la répression militaire auraient causé la mort de 5000, 10 000, 20 000 et même 30 000 victimes musulmanes. Fort heureusement, les victimes de la répression sont beaucoup moins nombreuses. Après des enquêtes sommaires dans les villes, les villages et les douars, les autorités civiles affirment que le total des victimes musulmanes ne doit pas dépasser 1200 à 1500 ». Dans son rapport sur les massacres de Sétif, le général Tubert écrit : « La raison d’Etat, la commodité d’une répression aveugle et massive permettant de châtier quelques coupables parmi les milliers d’innocents massacrés, l’immunité administrative de « fait » couvrant par exemple, le sous-préfet de Guelma, fit délibérément et sans excuse arrêter et fusiller, sans autre forme de procès, des musulmans de la ville dont les familles réclament encore en vain une enquête, un jugement ou même une simple explication ». Le chiffre de 45 000 morts semble avoir été adopté par le PPA à la suite du recensement minutieux établi par ses militants à l’époque. Le consul général américain à Alger, selon ses propres investigations, citera le chiffre de 40 000 morts. Les oulémas plus proches du terrain, avanceront le chiffre de 80 000 morts. C’est ce dernier chiffre que retiendra Rey-Goldzeiguer. Le fruit était mûr, l’esprit du 1er novembre 1954 aussi. Les Allemands ont reconnu leur culpabilité dans les crimes et les forfaits nazis, à l’inverse des Français. Le 27 février 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdiére, en visite à Sétif, rend hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945 perpétrés par l’armée française. Il emploie les termes de « tragédie inexcusable » pour qualifier ces crimes contre l’humanité. Sans regrets ni contritions, la République de la France et ses ministres toujours imbus de leur empire colonial défunt, récusent évasivement les atrocités commises en Algérie au nom des valeurs françaises de Liberté/Egalité/Fraternité. Liberté pour les uns, asservissement pour les autres, égalité : dissemblance et disparité, fraternité : haine et hostilité. Aujourd’hui, les Algériens parlent des sauvageries massives commises par la France et les Français dans son ex-colonie. Un ministre français en vogue, qui ne compte aucun aïeul mort pour la France ni pour la délivrance des Français, leur répond en termes statistiques de bâtis, d’échafaudages et de béton, laissés sur place par les Français. Il y a 61 ans, eut lieu l’ethnocide du 8 mai 1945 à Sétif. De même qu’à Guelma et à Kherrata les jours suivants. Ce massacre de populations civiles algériennes innocentes, c’est un peu l’histoire, un an plus tôt, du village d’Oradour-sur-Glane dans le Limousin (France). Sauf qu’à Sétif, Guelma, Kherrata et leur région, la sinistre besogne s’est répétée une bonne centaine de fois. Avec en prime les bombardements de l’aviation et de la marine de guerre françaises, durant quinze jours et pratiquement sans discontinuité. Si cela n’est pas une extermination à caractère racial, un ethnocide, il s’agit de quoi ?

par:
Ali Farid Belkadi
source:
EL WATAN du 08 mai 2006
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MASSACRES DU 8 MAI 1945

Génocide et crime contre l’humanité




Incrusté dans la mémoire collective nationale, le mois de mai reste toujours le jalon le plus distinctif et le plus expressif dans l’itinéraire douloureux de notre peuple dans sa dynamique de combat et de lutte pour le recouvrement de sa souveraineté.

Soixante et une années après, le mois du muguet rime toujours avec le mois de Guelma, Sétif, Kherrata..., le mois des massacres de 45.000 civils innocents, cette évocation macabre qui est intimement liée à la définition de l’acte sanglant qui n’est autre qu’un génocide, un crime contre l’humanité, perpétré par le colonialisme français au mépris de toute considération pour les valeurs humaines universelles.

A la même heure où fut signé l’armistice enterrant le totalitarisme nazi et fasciste, des balles meurtrières crépitaient dans nos villes pour abattre des manifestants dans des marches pacifiques, donnant ainsi le feu vert à la soldatesque coloniale, soutenue par des milices de colons européens, de commettre l’horrible carnage dans une «chasse à l’arabe» qui embrase nos régions, où on tira à vue. Les sinistres Achiary et Lestrade-Carbonnel avaient invité les Européens à participer aux massacres: «Messieurs les colons ! Vengez-vous !».

Un journaliste américain écrira: «It was an open season», pour dire la chasse à volonté. Les milices exécutaient par groupes de 20 ou 30 personnes. Avant la fusillade, les victimes devaient creuser leurs tombes. Les prisonniers sont transportés en dehors de la ville, à Kef El-Boumba, près d’Héliopolis, où ils sont abattus en chaîne. Des corps arrosés d’essence sont brûlés sur la place publique ou dans les fours à chaux. Des groupes entiers de prisonniers, enchaînés et alignés, sont écrasés par les roues de chars, des nourrissons sont pris par les pieds pour être projetés contre les rochers. Les blindés et l’artillerie, aidés par l’aviation, pilonnent toutes les «zones de dissidence». L’horreur avait atteint son comble.

C’est pour ces hommes, femmes et enfants qui sont au coeur de la mémoire collective nationale, que se commémorent leur marche du 8 mai 1945, leurs souffrances, leurs martyrs. Leur emblème lors de cette marche, que le sinistre Achiary avait cru piétiner et déchirer, est toujours là, flottant fièrement entre les mains d’un jeune scout éclaireur de la marche rituelle, suivi par une population attachée dans son recueillement à la dignité, à la reconnaissance et à la gratitude sous le slogan «pour que nul n’oublie».

Maître Jacques Vergès, avocat français, invité comme conférencier au 4ème Colloque international sur les massacres du 8 mai 1945 organisé à l’université de Guelma, dira en substance à l’adresse des Algériens: «Comprenez que cette liberté pour laquelle vous vous êtes battus avec héroïsme en Italie, en France et en Allemagne ne vaut que pour les Européens. Le scandale est dans les statistiques, où l’on recense plus de morts algériens pour la France au cours de la Seconde Guerre mondiale que des résistants français recensés au cours de la même période».

«Il y a lieu de s’enrichir de l’expérience du passé, fût-elle celle du malheur. Ne jamais oublier que les victimes du 8 mai 1945 furent traitées de nazis et leurs assassins glorifiés comme des démocrates. Rappelez-vous qu’après le 8 mai 1945, le sort de l’Algérie ne s’est pas réglé dans les «débats gauche-droite» au Parlement français. Il a été scellé le 1er Novembre 1954". «Le crime du 8 mai 1945 est imprescriptible.

Il n’a pas été amnistié puisqu’il n’a pas été reconnu. Un procès est donc toujours possible, soit devant une cour algérienne, soit devant la Cour pénale internationale.

L’avocat finit dans sa conclusion: «Mais la France, non pas celle qui ordonne de glorifier le colonialisme dans les manuels scolaires, mais celle du discours de Pnom-Penh, celle qui a refusé l’agression contre l’Irak, celle qui a reconnu sa responsabilité envers les juifs livrés aux nazis, cette France-là s’honorerait en reconnaissant sa responsabilité dans les massacres du 8 mai 1945 et sa dette envers le peuple algérien».

La marche, reconstituée chaque 8 mai à seize heures, sera toujours là pour convoquer le colonialisme qui sue encore le crime, à comparaître devant le tribunal de l’histoire et subir devant le forum des hommes la confrontation avec les voix audibles du silence des victimes. Tant qu’il y aurait des hommes, le livre demeurerait ouvert.

Mohamed Menani
Le quotidien d'Oran 08/05/2006
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2006-05-09


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