Seville:Ibn Khaldoun, la Méditerranée au XIVe siècle

Histoire des regions berberes du monde (en dehors de la Kabylie)

Modérateur: mbibany

Seville:Ibn Khaldoun, la Méditerranée au XIVe siècle

Messagede mbibany » Mer Mai 17, 2006 09:24

Du 19 mai au 30 septembre à Séville (Espagne)

Exposition : «Ibn Khaldoun, la Méditerranée au XIVe siècle : Essor et déclin des empires»


Avec l’exposition “Ibn Khaldoun, la Méditerranée au XIVe siècle. Essor et déclin des empires” se présente l’occasion de revisiter les relations politiques, économiques et sociales entre l’Orient et l’Occident, entre l’Europe et le monde arabo-musulman au XIVe siècle. Dans le cadre géographique de la Méditerranée, les Etats européens et arabo-musulmans seront évoqués à travers leurs cultures, leurs conflits, leurs échanges commerciaux, ainsi que l’héritage artistique de l’époque.

Le fil du discours de l’exposition sera le penseur musulman, considéré aujourd’hui comme le penseur musulman le plus étudié dans le monde, et dont on commémore cette année le VIe centenaire de sa mort. Le penseur est né en 1332, à Tunis, d’une famille de notables andalous chassés de Séville lors de la reconquête espagnole. On le retrouve auprès des souverains rivaux du Maghreb et de Grenade avant de quitter la région pour gagner l’Egypte où il devint grand cadi (juge suprême). Pendant son séjour à Qalat Beni Slama (Algérie), il écrit la Muqaddima (Prolégomènes), considéré comme le premier livre de sociologie de l’histoire.

Par ailleurs, l’exposition entend faire connaître la société espagnole et la cour de Séville, ainsi que l’Europe et la Méditerranée au XIVe siècle. Le XIVe siècle est une époque de crise profonde qui n’épargne ni le nord ni le sud de la Méditerranée. Famines et épidémies marquent le paysage et emportent une grande partie des populations des deux rives. On ne peut manquer d’établir des parallèles avec les crises et les guerres du XXe siècle. C’est là un moment fort de l’exposition.

L’exposition se veut ainsi dévoreuse d’espace parce que la logique de l’époque le veut et parce que rien ne peut être compris si l’on s’enferme dans une optique nationaliste frileuse.

Le XIVe siècle est aussi le moment des ruptures, le moment où la profonde inégalité qui caractérise le monde de nos jours va naître. C’est ainsi que la Renaissance est de la partie, notamment par la diffusion du savoir au-delà des frontières. L’exposition entend enfin donner une place de choix à la à la ville qui l’accueille, à Séville ville symbole de la conquête du nouveau monde et dépositaire de l’héritage andalou qui explique au moins en partie l’homme extraordinaire que fut Ibn Khaldoun. Avec cette exposition, on prétend enrichir notre connaissance culturelle mais aussi contribuer au rapprochement des différentes cultures et travailler à la consolidation des alliances qui existent entre le monde occidentale le monde arabe et musulman en générant une compréhension et un dialogue interculturels.

L’exposition prétend aussi faire connaître le rôle joué par l’Espagne, l’Andalousie et la ville de Séville comme points de rencontre entre l’Orient et l’Occident, entre le nord et le sud, comme carrefour des cultures dans la Méditerranée.

L’exposition aura lieu dans le beau palais du Real Alcazar de Séville, un monument dont la spécificité et la magnificence historiques sont en soi une exposition vivante et permanente. Par ailleurs, le lieu est plus significatif dès lors qu’on sait, que lorsqu’il résida à Grenade, Ibn Khaldoun eut une entrevue dans ce même palais avec le roi castillan Pedro I, dit le Cruel, “En l’an 765, il m’envoya en ambassade auprès du roi de Castille, Pierre, fils d’Alphonse, pour achever le traité de paix entre lui et les rois du Maghreb.”
Le Real Alcazar de Séville est actuellement l’un des édifices civils les plus remarquables de la ville de Séville et le centre d’attention des visiteurs de la capitale qui vont visiter ce monument.

Cet événement est organisé par la vice-présidence et le ministère de la Culture du gouvernement autonome andalou, la Fondation l’Héritage Andalou, l’Agence espagnole de coopération internationale, la mairie de la ville de Séville, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, le ministère de la Culture du gouvernement espagnol, la Société de l’Etat pour l’action culturel à l’extérieur (SEACEX), et le Patronat du Real Alcazar de Séville. Il compte aussi avec la collaboration de la fondation Nodo-Séville. Le ministère du Tourisme et des Sports du gouvernement autonome de Andalou, le ministère de l’Education du gouvernement autonome de l’Andalousie, l’ALESCO, la Fondation Trois Cultures, la Fondation José Manuel Lara et la Fondation Euro-Arabe.

Cette exposition a été présentée au siège de l’UNESCO à Paris pendant la réunion générale du mois de décembre passé. Une autre présentation est prévue au siège des Nations unies à New York le mois de décembre 2006.

Projet muséographique:

Entre 1363 et 1365, Ibn Khaldoun se rendit en Andalousie (Séville-Grenade) et tout laisse penser qu’il visita le Patio del Crucero (construit par le Roi Alphonse X, très transformé actuellement), la Salle de Justice (construite par Alphonse X), et, surtout, le palais du Roi Pierre I, construit entre 1364 et 1366. Au regard de sa magnifique conservation, le palais du roi Pierre I s’impose comme élément central de l’exposition, et lieu le plus adéquat pour l’exposition de pièces architecturales, de décoration et d’objets de luxe propres à la cour mudéjare (hsipano-musulmane) que connut Ibn Khaldoun.
L’exposition se décline sur les thèmes suivants : “Le XIVe siècle : temps et espaces”, “La situation des Etats”, “Guerres et expansions”, “Commerçants et marchandises”, “Démographie et apocalypses”, “Géographoe artistique”, “Profil historique et apports cutlurels d’Ibn Khaldoun (1332-1406)”, “Le chemin vers la Renaissance”, et “Séville au XIVe siècle”.
Outre l’exposition, une série de publications sont prévues : un catalogue d’articles, un catalogue de pièces de l’exposition, un livre sur la ville de Séville au XIVe siècle, le livre “L’ambassade de Ruy de Clavijo auprès de Tamerlan”, “Ibn Khaldoun, Al ‘Allama”, roman historique sur Ibn Khaldoun écrit par Ben Salem Himmich. Toutes ces publications sont faites en collaboration avec la Fondation José Manuel Lara. Il est prévu également l’édition de matériaux multimédia : édition d’un CD sur “Le Real Alcazar du roi Pierre I à Séville. Palais visité par Ibn Khaldoun”, et le CD “Manuscrits arabes du XIVe siècle”.

Les pièces de l’exposition

Parmi les pièces internationales les importantes de l’exposition il convient de signaler : le parement d’autel, Victoria and Albert Museum (Londres, Grande-Bretagne) , toirs verres (The Nasser Khalili Colection of Islamic Art) ; le manuscrit Kitab Al ‘Ibar d’Ibn Khaldoun (Bibliothèque nationale de France) ; le casque du Sultan Ibn Qalawun de l’Egypte ou la Syrie (Musée royal d’Art et Histoire de Bruxelles) ; le quadrant (The David Collection, Copenhague) ; le manuscrit Al Muqadimma d’Ibn Khaldoun (Palais Topkapi, Istanbul) ; la petite table pour Coran (Musée national, Damas).

Parmi les pièces provenant d’espagne : le drapeau de la bataille du Salado (cathédrale de Tolède) ; la chiase prieuré de Blanca d’Aragon (Musée Diocésain de Lleida) ; le manuscrit de la lettre du Sultan de Grenade au Roi Jaime II d’Aragon (Archive de la couronne d’Aragon) ; le manuscrit du souverain hafside de Tunis au Roi Jaime II d’Aragon (Archive de la Corona d’Aragon) ; ainsi qu’une sélection de plus de 70 pièces numismatiques (Maison de la monnaie à Madrid).

Renseignements :

Tél : +34.958.225995
Page web : http://www.legadoandalousi.es
- http://www.ibnjaldun.com
Images de l’exposition : http://www.ibnjaldun.com/imagesnesprensa.


Avec l’aimable collaboration de l’ambassade d’Espagne à Alger.


Source : EL MOUDJAHID Le : mardi 16 mai 2006
mbibany
 
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