La naissance du village M'CHEDELLAH

Histoire de la Kabylie (ex. Wilaya III)

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La naissance du village M'CHEDELLAH

Messagede mbibany » Mer Juin 22, 2005 13:01


M'CHEDELLAH (EX-MAILLOT)-Wilaya de Bouira

Conférence sur la naissance du village


*** A l’initiative de M. Mahmoud Toumi, un des membres les plus actifs dans le mouvement associatif au niveau de la région, puis, plus tard, au sein du comité citoyen de M’chedellah (ex-Maillot), une conférence portant sur la naissance de ce village à partir des archives coloniales aura lieu ce jeudi au niveau du centre culturel de M’chedellah. Selon notre interlocuteur, tout a commencé lorsque Mme Dominique Martre, son ancienne enseignante au niveau du CEM Amrouche-Mouloud de M’chedellah au début des années 1970, l’a contacté par Internet.

** Cette enseignante établie en France et qui avait séjourné à M’chedellah pendant plusieurs années a commencé à fouiner dans les archives coloniales ouvertes au grand public depuis 2002, pour replonger dans le passé de ce village dont “elle garde de très beaux souvenirs”. Une fois plongée dans ce passé, Mme Martre ne pouvait plus lâcher tellement les données qu’elle avait trouvées et qui remontent au début des années 1720, c’est-àdire plusieurs décennies avant la création du village Maillot qui fait office aujourd’hui de chef-lieu de l’APC de M’chedellah, l’avaient subjuguées. C’est ainsi qu’a germé dans son esprit l’idée d’écrire un livre d’histoire sur ce village. Ainsi, et d’après ce que Mme Martre avait réuni comme données historiques, et dont nous détenons une copie, il y a de quoi se régaler. Avec d’abord l’histoire de la désignation de la djemaâ des Ath Brahim du nouveau marché hebdomadaire au lieudit Ighil-Boumlil, qui deviendra plus tard le village colonial Maillot. Un marché qui fut longtemps implanté à Saharidj au lieudit Tala Larbâa, mais qui dut être transféré après une histoire de guerre fratricide qui englobera tous les villages du arch M’chedellah à cause d’une femme. Ensuite, Mme Martre relatera les études qui ont été effectuées par les militaires au début des années 1870 pour repérer les lieux susceptibles d’abriter les centres de peuplement coloniaux pour encourager les civils français à s’y implanter et la désignation du lieudit Ighil Boumlil comme lieu idéal par sa situation géographique, implanté sur les hauteurs, c’est-à-dire là où le paludisme ne pourra pas sévir comme l’aura démontré quelques années auparavant le médecin militaire Maillot, nom duquel est baptisé le nouveau village colonial, problème des expropriations des propriétaires terriens des autochtones, les déportations, etc. En somme, un travail scientifique et méthodique qui mérite toute la considération et dont l’auteur, Mme Martre voudrait, avant tout, le confronter à l’histoire orale telle que racontée par nos grands-parents, avant de l’éditer. Et c’est en partie l’objet de sa visite dans cette région. A signaler que pour cette conférence plusieurs personnalités politiques et historiques de la région seront invitées, ainsi que les maires qui se sont succédé à la tête de l’APC de M’chedaellah depuis le premier responsable de la délégation communale au lendemain de l’indépendance jusqu’au dernier maire, 1997-2002.
Y. Y. - Le soir dAlgerie-22/06/2005
mbibany
 
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M'chedallah: Disparition des fontaines publiques

Messagede Yidir » Lun Juil 25, 2005 10:25

M'chedallah
Disparition des fontaines publiques

L’histoire de l’AEP et des fontaines publiques à M'chedallah remonte à l’année 1880, date de la création du centre de colonisation au lieudit “Souk N’Tlata”, ou (marché du mardi), qui portera le nom de “Maillot” dès 1881. La construction de ce village situé sur le territoire de la tribu des M’chedalli, commune mixte de Béni Mansour, à l’époque, s’est effectuée en évacuant hors de ce futur village tous les autochtones qui avaient pris part à l’insurrection de 1871. Plus de 680 hectares ont été alors séquestrés. Mais pour l’installation future des colons, il fallait alimenter le village en eau potable. Pour cela, l’administration coloniale de l’époque a songé de capter l’eau de la source “N’Tala N Vuhrav”, située à 1200 m d’altitude, à une dizaine de km au nord de ce futur village (Maillot).
Mais il se trouve que cette eau de source était déjà exploitée auparavant pour l’irrigation des terres des populations locales, mais aussi celles (les terres) du village “Nat Yevhrahim” le plus vaste et le plus peuplé à l’époque, lieu d’ailleurs, où est implanté ce centre de colonisation.
Pour éviter toute confrontation avec les habitants de ce village, qui avaient même déposé en 1882 une pétition dans ce sens auprès de l’administrateur local, une fontaine publique fut construite ultérieurement à la sortie nord de ce village.
C’était la première fontaine publique de la région, qui porte le nom jusqu’à présent “Tala N’Taqucht”. En outre, l’administrateur colonial de l’époque avançait l’argument sécuritaire. Selon lui, les gens “Nat Yevrahim” n’auront aucun prétexte pour venir chercher de l’eau au futur village de “Maillot”.
Avant l’avènement de cette fontaine, les villageois s’alimentaient en eau depuis une source dite “Tala Nat Salah”, située à 3 km, au nord du village, en pleine forêt, qui était d’un débit insignifiant. Jusqu’à 1958, “Tala N’Taqucht” était le seul point d’eau pour tout le village. Tellement l’attente pour le remplissage de leurs outres était longue et ennuyeuses, on racontât que les femmes prenaient le soin d’y amener avec elles leurs cardes et leurs dévidoirs à soie pour travailler la laine.
Il a fallu attendre la fin de 1958 pour que l’administration coloniale décida alors de construire d’autres fontaines dans différents quartiers du village. On cite entre autres, “Tala B Buchène” (la fontaine du chacal), Tala Umahras (Pierre creuve servant pour broyer blé, café, feves, etc…) enfin “Tala U Aâquv”. De nos jours, de toutes ces fontaines il ne reste malheureusement que des ruines, sinon plus rien. Elles sont à sec et abandonnées à leurs sorts après que les habitants ayant bénéficié du réseau AEP.
Ces points d’eau et bien d’autres, qui représentaient un symbole pour la femme kabyle et qui étaient la raison d’être et de vivre pour plusieurs générations de ce village révolutionnaire, méritent bien d’être restaurées et sauvegardées. Ne serait ce que pour le bonheur des générations à venir.

Farid A.
La Depeche de Kabylie
Yidir
 


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