La poésie de résistance au Rif: 1893-1926 (1ère partie

Je suis rifain et je le reste.

Modérateur: mbibany

La poésie de résistance au Rif: 1893-1926 (1ère partie

Messagede mbibany » Mer Aoû 10, 2005 10:00

La poésie de résistance au Rif: 1893-1926 (1ère partie)

Par: Abdeslam Khalafi (Professeur à l’université Al-Akhawayn, Ifrane)


** La tradition amazighe rifaine est très riche, certes, comme l’a remarqué S.Chaker, elle «ne présente aucune spécificité particulière dans ces formes» (p: 11). Mais du point de vue anthropologique et historique, cette tradition constitue une mine de donnés, sans égal, sur la vie de la société tribale et sur les grands événements qui ont marqué une période très importante de l'histoire de la région. Elle est «pour une large part un témoignage essentiel sur le vécu historique des populations berbérophones» (p:13).
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** La région du Rif, depuis le 19 siècle, vivait dans un état de désarroi et de tension très profonde: les guerres intestinales et les confrontations permanentes contre les menaces espagnoles faisaient partie de la vie quotidienne: peur de perdre son indépendance, «le rifain n’a qu’un ami sûr: c’est son fusil» disait Biarnay,… assimilant la culture de résistance, et intégrant ses ingrédients dans son système des valeurs, «il est à la fois constamment sur la défensive et toujours prêt à attaquer son adversaire ou l’étranger imprudent qui de s’avise de pénétrer jusque chez lui» -p28-

Produit d'une société égalitaire, gérée par des coutumes ancestrales, il a refusé les deux pouvoirs: central et colonial; il a préféré de vivre sa liberté totale, dans un environnement ou la «dissidence ne signifiait jamais chaos ou absence de gouvernement, car au sein de chaque tribu le pouvoir politique et militaire était organisé par le conseil des ayt Abîin, qui déléguait parfois certaines de ses prérogative à la confédération ou à la “nomenklatura” du left» (Chtatou, Tifinagh, p:66)

Ainsi ce “rude montagnard”, soif d'une liberté sans limite, et adorateur des “jeux de la poudre” ,comme l'a décrit Biarnay, est emporté à partir de 1893 (p:51), dans un conflit qui diffère totalement des expériences conflictuelles antérieures; il se trouvait pour la première fois, devant un type de guerre qui n'a jamais été connu avant, une guerre dans laquelle la supériorité militaire des Espagnols est écrasante, et la défaite des rifains alors était insupportable: sa dignité était touchée, ce qui a créé chez lui un climat de désarroi et de deuil. Le poète l'a exprimé avec une grande amertume:



Tmazight------------------------------- Tr. Française

A tzizwit, a yedji ------------ Oh mon abeille, ma fille
Ssara yi di peddu ---------- Emmenez moi dans le pâturage
D Sebbanya i yeijjin ---------- Oh , c'est l'Espagne qui a noyé
Ddunect marra terru ----------le monde dans le deuil.
A hemren d ighezran --------Les rivières coulent,
S ddem makan aman ------- Mais de sang
Sebbanya mani ghaben ayraden.----- Oh, l'Espagne, ou sont les héros?


Ainsi , le poète devant la force incomparable des Espagnols, exprime le désarroi collectif des Rifains et l'ampleur de sa défaite; le Rifain se sent perdu, lui qui était le maître de son destin, fuit devant les troupes des Espagnols:

Tamazight ----------------------------- Tr. Française

umi d yeffegh urumi --------Quand le «Rumi» nous a envahis
yebbay am roensvar --------Il s'est débordé comme l'inondation
Yegga d am roenzi -------- Il s'ést déployé comme les boucs
iseyyeh x roeroar -------- Il s'est coulé sur le genévrier
Yekka d Sidi Waryac -------- Il a pris la route de sidi Waryac
Yufa din tamettudvt -------Où il a rencontré une femme
iqess as ij n ughir ------Il lui a coupé le bras
x rhed n rmejbar -------- De la jointure
iqess as azedjif ---- ----Il lui a coupé la tête
x rhed n rmejbar --- ---- De la jointure
kennint a tifarxanin --------Les femmes de Farkhana
hed yarbu ideydey -------Portent sur leur dos «idejdey»
hed yarebbu amejmar --------D’autres portent l'encensoir
addarqet war tbeyyes -------La fuite n'a pas mis sa ceinture
ghas ar ixef n wedmar------ Jusqu'à ce qu'elles soient arrivées au sommet de la montagne.



Cette guerre massive que le Rifain n'a jamais pratiquée, l'a poussé à chercher de la force en se référant à ses croyances, et en évoquant les grands modèles de l'Islam comme le prophète:

Tamazight ---------------------------------------Tr. Française

A yanjeb amezyan arah d jahed akid i ----- Oh mon brave! Viens avec moi pour déclarer la guerre sainte contre le «Rumi»
A Nbi sidi ad cawaregh yemma yurwen tesseyma yi---- Oh mon prophète, sidi, je vais consulter ma mère qui m'a donné la vie.
Umi kid s gh ad rahegh, nnigh as a yemma, ----Mais la mère lui a répondu:
Yenna yi Nbi jahed akid i ----Oh mon prophète, sidi
A mmi inu d amezyan, war itih ca mani ----Mon fils est jeune, je ne veux pas le perdre

Tekkar lalla Mina tsoef nnabi
Rami d yusa yenna s uc ayi mmi m, ad ijaped akidi
Tenna s: sidi Nbi mmi inu d amezyan, war yessin ad ini,
Yenna s: a tamghart ahenna, war t’ yeccit usennan, war tireqqef udiddi
--- Il lui a dit: oh femme rassure toi, ne t'en fait pas de souci, ton fils sera sain et sauf
Umi d yeffegh urumi amecnaw roenzi---- Mais quand le «Rumi» s'est répandu comme les boucs dans les montagnes
Ghar rehmu n tfuct i yekkar umenghi ----Et la guerre s'est déclarée un matin chaud
Ticti tamezwart deg Arba yedvmen Nbi ----La première balle tue le fils que le prophète a cautionné

Iruh reomar nni yesfa yeghri
Yiwy it Arbu yeswa qao s tidi
Iruh ddem nni amenni it yeswa yejdi
Iruh weysum nnes amenni t yecca yesghi (yemghi)
Rami d gh ad yareggêh
Truh lalla Mina s rxeffet ioezmi

Tenna s: Muray Nbi ini mani teggid emmi?
---- Le soir lalla Mina demanda au prophète: Oh mon prophète, sidi Dis-moi ou tu as mis mon fils
Yenna s: a tamghart xemm it deg mezwura!---- Le prophète lui répond: Va le chercher parmi les premiers rangs

Itsarrej ad ini s userham d aziza
Truh lalla Mina s rxeffet uoezmi
Tegga qao mayen din war dinni t’ tufi!
Tused lalla Mina tenna s si Nbi sidi mani teggid mmi!
Yenna s: a tamghart a henna xemm it deg aneggaru
S userpam d acemrar yudum x af s rhenni
Truh lalla Mina s rxeffet u oezmi

Tekkar qao mayen din wa dinni t’ tufi!
----Mais elle a cherché partout sans le trouver
Tenna s: ini yi sidi, mani teggid mmi!---- Elle lui a dit: où est-ce que tu as mis mon fils?

Yejbed hac x uzedjif war yufi min gh ad yini
Yenna s: rajar nnem d ameqran deg Arba yedvmen Nbi
,---- oh femme; Dieu te récompensera dans le fils que le prophète à cautionné.
Yenna s: a tamettudvt, ad am ucegh yis inu am arnigh aoejmi,---- Oh femme, Je te donnerai mon cheval et je t'ajouterai un taureau
Tenna s: a ya Nbi sidi, mmi inu qao xar ayi ---- Oh! non sidi, Mon fils est le meilleur
Yenna s: ad am ucegh tisarfin n yirden d imendi! ---- Je te donnerais des silos de farine et de blé
Tenna s: a ya Nbi sidi mmi inu qao xar ayi!----- Oh! non sidi, Mon fils est le meilleur
Yenna s: ad am ksegh tewsar ad am arregh temzvi! ---- Je t' offrirai la jeunesse à la place de la vieillesse
Ad tarwed Muhemmed menxar ra zeg wnni,
Tnna s: a ya Nbi sidi mmi inu qao xqr ayi,
--- Oh! non sidi, Mon fils est le meilleur
Yenna s: ad am ucegh jjennet ttif qao iyenni---- Je t'offrirai le paradis
Tenna s: a ya Nbi sidi mmi inu qa xqr ayi ---- Oh! non sidi, Mon fils est le meilleur
Ar ami d yuri refjar yegga agharraf deg wfus afusi
Yegga rudvu yezzudj yestajeb as arebbi
---- A la prière de «lefjer», le prophète demanda à Dieu la résurrection du fils de lalla Mina, Dieu exauça sa demande, Et la résurrection de son âme s'est accomplie
Ad yehya arruh nni zi mani s war tedji
Yenna s: a yemma tamejnunt tharmed ayi
----- Le fils dit à sa mère: Oh mère , pourquoi m'as tu privé de mon bonheur?!
Tugha yi gha? «lmalakat» farhent ayi ----- J'étais avec les anges Heureux
Ggint ayi di recfen s tsinaf xeydvent xafi ----Elles m'ont mis dans le linceul
Isin ay d Tterba s zpid a n arebbi ---- Les tolbats récitent les paroles de Dieu
Ggin ayi deg wndver, qqimegh haca wehdi---- Ils m'ont mis dans mon tombeau
Ibedd d sidna Malik s waddud nnes acedbi ---- Et sidna malik m'interrogea: qui est ton Dieu?
Tittawin am rbaq, tighmas am isini ---- Il a les yeux comme l'éclair, les dents comme les aiguilles
Yenna yi (men huwa rebbuk?) a bnadem roasi
Yesfepm ayi arebbi x tzadjit war nezzudj
D reocûr war nuci, yisi d ij n ddbbuz g wfus nnes afusi
Umi tipez teodu mya t rtel
Yenna yi: war ccit gh haca bnadem roasi----
Et dans sa main une épingle, Oh ma mère!Il m'a dit qu'il ne punit que le désobéissant


*** La période de Bouhmara 1902-1908

Après les conflits externes des années 1893-1894-1895 contre les Espagnols, les Rifains vont vivre un deuxième choc interne, à partir de 1904, contre le rogui Bouhmara, «qui s’était fait passer avec succès, dans le Rif, pour Moulay mah’ammed, fils aîné du Sultan Moulay Hassan.»p -38-; au début, les Rifains croyaient à sa propagande, et ils l'ont bien accueilli en tant que Sultan des croyants; mais à cause de ses exactions insupportables, et les contre propagandes de Chrif Amezian et du caid des ayt Said: Lhaj Ali, les Rifains l'ont chassé de Sélouane en 1908. C'est à cette époque que la poésie rifaine se débarrassera peu à peu de son pur contenu religieux pour qu'elle devienne une poésie politique résistante. Ainsi le combat ne se définira pas dorénavant comme un combat religieux, mais comme un combat politique et économique basé sur les divergences des intérêts matériels et non seulement sur la base des conflits religieux; on dispose d'un corpus qui renoue avec la tradition stylistique classique, mais réfère à la cause principale de la tragédie rifaine, à savoir les convoitises Espagnoles et la coopération du rogui avec l'ennemi: il s'agit des Izlan qui expriment le refus de ce rogui qui a vendu le fer et la terre de «jbel Uksan», et qui a massacré, en plus, la population rifaine:



Tamazight ----------------------------- Tr. Française

A yadrar n Wuksan-------- Oh la montagne d’Uksan
Yezzenz it Muhemmed --------- Muhammed t'a vendue
A yadrar n Wuksan - ------- Oh la montagne d’Uksan
Yebna d ayes urumi - -------Le «Rumi»habite tes demeures!
A yadrar n Wuksan - ----- Oh la montagne d’Uksan
A yassus n yexsan- ------- Oh la mort de l'humanité
Yuta d ayek urumi - ------- Le «Rumi» t'a envahi
Yezzvu d ayek ssenyan - --------Et enfonça dans ta terre les pylônes
A yadrar n Wuksan - ------- Oh la montagne d’Uksan
Yeffegh d d ayes rmeoden-------- Oh la mine de métal
Teffegh d dayes nnuqart - -------Oh la mine d'argent
regnus ad mmenghen - ------- Le monde va être guerre!

O mon fils !O Djebel H'mam!
Tu es la cause que nous n'avons la paix!
Tes eaux sont fraîches
Elles font pousser des arbres touffus sur tes flancs


Adrar n Wuksan est la cause des convoitises des pays coloniaux, et la cause aussi de l'absence de la paix dans la région.

Ainsi, sa vente constituera une double défaite pour le Rifain, d'une part, elle a légitimé la dominance du «Rumi», et de l'autre elle a constitué une menace pour la population et son indépendance par le Makhzen, ce qui a approfondi l'amertume générale, et radicalisé le refus total des deux pouvoirs, qu'il soit interne ou externe; le rogui joue ici un double jeu: en se référant à la légitimité de l'institution du sultan, il voulait incarner le concept du commandant, et en collaborant avec l'ennemi, il voulait préserver ses intérêts personnel. Le Rifain, lui, se trouva coincé entre deux menaces qu'il devra combattre à la fois. Ainsi, la poésie constituera dans ce cadre une arme très efficace pour lutter. Elle privera le rogui de sa légitimité, caricaturera l'image de son compagnon «Jellul», et incitera les Rifains à prendre les armes:

Tamazight -------------------- Tr. Française

-A ya jellul a bu yiggez - --------- Oh Jellul le tatoué!
-Yekka d Jnada yeggûr ineggez-------- Toi qui venait à Jnada en se bondant
Oh Moulay mah'ammed! pourquoi te combattons nous?
Parce que tu as voulu que nous appelions un esclave: notre Maitre!
On a dit: la fanfare est descendue dans la plaine de Nekour
Les aith abdellah et les Aith- H'difa l'ont chassée!


*** -Devant l'ampleur du désastre et des exactions insupportables que le rogui a commis, le poète dénoncera tout contact avec lui, et demanda aux femmes d'ayt ?lla, qui ont noué une relation de mariage avec lui, de se laisser submerger par la douleur et le chagrin:

Tamazight -------------------------------- Tr. Française

Heznent a tioellatin --------- Attristez vous, les femmes d'ayt ?ella
Qessent ura d coar ---------Attristez vous et coupez vos cheveux
X Mamma n Hmida ----------Mamma n Hmida a fait de Bouhmara son compagnon
Imunen aked uhemmar
Heznent a tioellatin
--------Attristez vous, les femmes d'ayt ?ella
War teqnent tazughi ------- Ne vous habillez pas en rouge
Heznent a tioellatin --------Attristez vous, les femmes d'ayt ?ella
War tirdvent tazuddi --------Ne vous habillez pas le fin des vêtements


Et puis c'est la guerre qui se déclenchera à Imzuren:

La poudre a parlé entre le coucher du soleil et la prière de l'acha!
La tribu des Bni ouriaghel o ma mère!
combien nombreux sont les morts
Et les blessés! O pourquoi!

*** Mais la défaite de Bouhmara en 1908 ne constituera pas la fin du drame, puisque les Espagnols vont continuer leur invasion, et à envoyer des expéditions pour faire «pacifier» les tribus qui se sentent, après leur triomphe, bien placées pour défendre leur terre. Le poète était lui aussi présent pour motiver les émotions et décrire la réaction de la population:

Isug d urumi------- Les Espagnols nous ont envahis
yettvef tizi Oezza------- Ils ont pris la terre de Tizi ?zza
yexs ad iqam atay -------Ils veulent boire du thé en utilisant l'eau d'Ulma
s waman n ulemma
a yimjapden wtet ------- Oh combattants rifains

Résistez, inutile de vivre sans dignité
tudart mayemmi tehra

***/ Ainsi, afin que les berbères résistent, le poète fait allusion à la beauté des femmes Amazighes que les Espagnols veulent posséder:

A yehramen irifeyyen -------- Oh! jeunes Rifains
Wtet x tmurt nwem --------Luttez pour votre patrie
Asebbanyu yuss d -------- L'Espagnol nous a envahis
ad yawi recbub nwem ------ Il veut capturer les belles femmes rifaines!

***La période de Chrif Amezian: 1908-1912:

A partir de 1908, la région va connaître une mutation profonde dans sa structure tribale; c’est qu'à cette époque la population berbérophone tend à s'unifier, et à implanter un nouveau système qui dépasse la tribu. En 1909, ils vont donner la preuve aux Espagnols qui'ils sont à la hauteur de les battre dans les deux batailles à «Ighzar n Wuccen» et à «Ijedyawen». Chrif Amezian, en tant que chef et symbole de l'unité rifaine, donnera aussi une poussée considérable à la gloire, et les Rifains se sentaient une autre fois dans leur peau, et fiers de leur héroïsme: plus puissants que jamais, ils réclament la résistance radicale qui deviendra une nécessité politique, religieuse et économique. Les estimations des Espagnols se sont bouleversées, et le poète continue à décrire les scènes de bataille et à présenter «l'ennemi» dans une image faible à l'encontre d' «Amjahed» rifain:



Isudv d usemmidv------- Le vent a soufflé
di tghellact n urumi -------- Dans la bouilloire d'«arumi»
yendvar d xas arebbi ------ Dieu l'a assailli
arifi ya weddi ------- Par le brave Rifain
netta d sidi muhend ------ C'est sidi Muhend
ijapden arumi------- Qui a lutté contre l'«aroumi».
Manaya d asenyan isarhen di rudva
A y amjahed ahurri
Barreh i rqum nnec
Yenna s arni d rqum u sebbanyu yeqdva



Beaucoup de colonnades téléphoniques
Dans les plaines

Oh! libre combattant
Téléphone aux Espagnols
Dis-leur d'augmenter le nombre de leurs soldats
Dis-leur que l'Espagne est foutue

***-La parution de Chrif Amezian sur la scène des événements avec l'écroulement de Bouhmara, lui donnera, grâce à ses qualités humaines, et à son intégration totale dans les batailles locales, une image mythique dans l'imaginaire collectif des Rifains; le poète n'a pas cessé de le célébrer, et l'honorer:

1.sidi Muhemmed amezvian
2.d amjaped n tafsusi
3.axedmi deg wzermadv
4.wennidven deg wfusi
5.sidi Mhend amezvian
6.a yamjapd ahuri

7.yeccaten s uzermadv
8.yetoawad s ufusi
9.yejja mawsa n jdid
10.tesrugha timessi
11.A ya sidi muhend
12.A lmalik n teqbitc
13.A yuzzer x urumi
14.Yessidf it ar Mritc
15.Sidi muhend amezvyan
16.Lmalik n ujenna
17.A mawsa d taqudvat
18.Seboaraf i tengha
19.Sidi mhend amezvian
20.Yccat war iteggêd
21.War yehdij roacat
22.Ura wi kid s gh ad ymunen
23.Sidi Mhend amezvian
24.A cenna ma ynnat
25.Cenna mara yewta
26.S mawsa d ttaqudvat
27.a y amjaped yensa
28.yeccat haca wehdes
29.ioawnit Arebbi
30.d lmalakat nnes


----Traduction Française----------------------------
1.sidi muhemmed amezian
2.le combattant le plus expérimenté
3.un sabre dans sa main droite
4.l'autre dans sa main gauche
5.Sidi Mhend amezian
6.Oh !libre combattant
7.Il frappe de main gauche
8.Il frappe de main droite
9.Son nouveau fusil
10.Enflamme la guerre
11.Oh sidi muhend
12.Le roi de la tribu
13.C'est toi qui as expulsé «Arumi»
14.C'est toi qui l'a chassé à Mellila
15.Sidi muhend amezyan
16.Le roi du ciel
17.Le fusil est court
18.Mais , il a tué 7000 arumi
19.Sidi Mhend amezian
20.Courageux dans la bataille
21.Il n'a pas besoin de compagnie
22.Ni des gens qui l'aident
23.Sidi Mhend amezian
24.Le brave des braves
25.Quand il utilise son Mawsa court
26.Gare aux Espagnols
27.Le Mujahid a passé sa nuit seul
28.Combattant l'ennemi
29.Cest Dieu qui l'a aidé
30.Lui et ses anges

***-Mais cette période glorieuse ne constituera qu'une étape précaire qui finira par l'assassinat de Chrif Amezian. Le deuil, alors, se généralisera, et le recul devant les soldats espagnols se manifesta en règle: les Rifains ne voulaient pas combattre; vite, ils se sont retournés à leur abri pour pleurer un homme qu'ils ont considéré, pendant quatre ans, un saint. Huit ans de deuil, sans aucune action collective forte contre l'enemmi. Le poète nous a décrit ces moments douloureux dans un style plein de chagrin et de tristesse.

1.Sidi muhend amezyan ihac uca yewdva
2.Ifarh as urumi yisi t di karrusa
3.Ighab uyur gharyen yetran nnes
4.Ighab sidi Muhend yedvpar d uyis nnes
5.Sidi Muhend amezian a yamjapd ahurri
6.Xak i xeyyeq wenzvar oamayen war yewti
7.Xak i xeyyeq uyur war yescin taziri
-

----Traduction------------------------------------------------
1.Sidi Muhend amezyan attaque l'ennemi, puis il tombe
2.Le Rumi est heureux
3.Il l'a mis dans une carrosse
4.La lune s'est absentée
5.Et les étoiles sont devenus stériles
6.Sidi Muhend Amezian est absent.
7.Son cheval retourne à la maison
8.Sidi Muhend amezian le libre combattant
9.C'est a cause de ta mort que la pluie est en deuil
10.Deux ans de sécheresse
11.C'est à cause de ta mort que la lune est en deuil
12.Elle n'éclaire pas le ciel


***-Puis le poète décrit comment la fille de Cherif (Habiba) a appris l'information, et comment elle a reçue le choc:

1.Sidi Muhemmed yemmut ghar uoecci -------Sidi muhemmed est décédé le soir
2.Iysit id urumi --------- Le «Rumi» l'a mis dans une carrosse
3.Yisit id di krrusa- A «Azvru Pemmar»---------- il a chanté sa gloire
4.Yiwedv ghar wezvru pemmar yuta di ganita----------- Tous ses compagnons sont décédés
5.Umi d gh ad xerdven -----------A l'exception de cinq
6.Arexen d di xemsa --------- Quand ils sont retournés à la maison
7.Terqa tend Habiba ---------- Lalla Habiba les a accueillis Leur demanda le sort de son père
8.Tenna sen mani yedja Baba
9.Nnan as Bab am aqa yemmut -------- Ils ont répondu: Ton père est mort
10.Tenghi t haraqa -------Une bombe l'a tuée
11.Umi d as t gh ad yinii
12.Tesghuy uca tudva ------Lalla Habiba cria et tomba sur terre
13.Yeqqim ur d abarcan ---------Le coeur s'est assombri
14.Ixebc it umetta -------- Abarchan blessé et creusé par les larmes



La mort de Cherif Amezian n'a pas fait plonger «l'humanité» seulement en deuil, mais également elle a fait plonger l'univers dans un chagrin sans bord:

1.Rami ighab uyur ghaben yetran nnes -----Quand sidi Muhend s'est absenté, les étoiles se sont absentées aussi

1.Ighab sidi Muhend iban uyis nnes, -----Sidi Med est décédé, son cheval est retourné a la maison

En plus, ce qui a accru le chagrin c'est que le Rifain ne lui connaissait pas de tombeau pour le visiter et le vénérer:



1.Sidi Muhend Amezian------- Sidi Muhend Amezian
2.War ssinegh andver nnes ------Je ne connais pas son tombeau
3.Rqebtvan d ubulis ------ Le capitaine et le policier
4.Iwyent ad isin rewsvift nnes ----- L'ont emmener a Mellila pour lui prendre une photo
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