Notre langue maternelle r?siste face ? un environnement cult

... et la forteresse de Beni Yezguen.

Modérateur: mbibany

Notre langue maternelle r?siste face ? un environnement cult

Messagede mbibany » Jeu Nov 16, 2006 12:26

Notre langue maternelle r?siste face ? un environnement culturel hostile

Entretien avec Abderrahmane Houache



Abderrahmane HOUACHE est n? pr?sum? en 1928 ? Tagherdayt (Ghardaia) et il a grandi ? Sougueur o? son p?re ?tait commer?ant. C'est ? l'?cole fran?aise de cette ville qu'il entamera ses ?tudes et qu'il d?crochera son Certificat d'Etudes Primaires avant de regagner sa ville natale.

Il poursuivra son enseignement ? l'?cole fran?aise o? il obtiendra, pour la 2?me fois, le Certificat d'Etudes Primaires consacr? aux indig?nes. En parall?le, il est inscrit dans l'?cole libre "El-Islah".

Son p?re prend la d?cision de l'orienter vers l'institut "El-Hayat" de Guerrara (Wilaya de Gharda?a) pour suivre des ?tudes en th?ologie. Durant une ann?e et demie, il apprendra ? r?citer le Coran et il rejoindra, par la suite, le cercle de "Irwan".

Trois ans apr?s, en 1948, il entamera sa vie professionnelle dans le commerce ? Tihert (Tiaret) o? il sera ?lu, en d?pit de son jeune ?ge, comme pr?sident des commer?ants Mozabites exer?ant ? Tiaret.

En 1979, il est nomm? directeur de l'institut "El-Islah" (progressiste) de Gharda?a. Poste qu'il occupera pendant 20 ans, r?ussissant ? am?liorer et les conditions d'enseignement et le niveau des ?l?ves.

Au d?but des ann?es 1980, il est d?sign? membre du conseil des "آazzaba" (ta?ezzabt) pour une dur?e de 15 ans.

Par la suite, il d?cide de mettre fin ? ses activit?s dans ledit conseil aussi bien que dans l'institut "El-Islah", pour se consacrer pleinement aux travaux de recherche sur la langue et l'histoire amazighes.

A l'?ge de 78 ans, Abderrahmane Houache est encore tr?s dynamique. C'est un homme nourri d'une conscience aussi bien culturelle que cultuelle.

Racines : A partir de quand avez-vous commenc? vos travaux de recherche en faveur de la langue et cultures amazighe ?

Abderrahmane HOUACHE : C'est ? partir de 1977 quand j'?tais commer?ant ? Tihert. C'?tait suite au sentiment que la langue amazighe commen?ait ? se d?grader, voire ? d?cliner, parce que beaucoup de locuteurs ne lui avaient pas donn? sa v?ritable place, ni compris sa vraie valeur et son impact sur notre existence. Etant bon croyant, je suis toujours convaincu de la m?me mani?re que Dieu a cr?? les hommes diff?rents, il a cr?? et diversifi? les langues auxquelles l'humanit? toute enti?re doit sa richesse et son g?nie.

Dans quelles conditions aviez-vous men? vos recherches sachant que tamazight ?tait officiellement interdite dans les ann?es 1970 et 1980 ?

C'?tait tout d'abord gr?ce ? Dieu. Du moment que ma conscience ?tait tranquille, mon action constructive et mon apport civilisateur, je n'avais eu ni des comptes ? rendre, ni ? avoir peur de quoi que ce soit.

Etant l'un des pionniers de l'introduction de l'enseignement de tamazight ? Tagherdayt, comment ?valuez-vous cette exp?rience aujourd'hui ?

L'introduction de l'enseignement de tamazight avait ?t? op?r?e vers le d?but des ann?es 1990 au sein de l'institut "El-Islah" o? nous avions introduit la mati?re langue et litt?rature mozabites dans le cadre g?n?ral de l'enseignement qui reste jusqu'? pr?sent assur? par Abdelouahab Fekhar, avec un volume horaire de 3 heures par semaine et par classe, ? savoir la 7?me et la 8?me ann?e. Ce qui nous a facilit? le travail, c'est que cet institut ?tait libre. Mais il ne faut pas penser que le terrain ?tait si facile. Nous avons rencontr? des situations plus qu'?pineuses, on nous mis des b?tons dans les roues et on a essay? de nous coller des ?tiquettes pour emp?cher l'enseignement de notre langue maternelle. Toute une masse de ces responsables, ? l'esprit obtus, croyait que l'enseignement de tamazight ne pouvait se faire qu'au d?triment de la langue arabe.

Je crois qu'? pr?sent 2 ou 3 heures par semaine, et seulement pour la 7?me et la 8?me ann?e, sont tr?s insuffisantes. Un tel volume horaire ne peut m?me pas cr?er chez l'?l?ve un stimulant ou une impulsion.

Quel constat faites-vous de l'?volution de la situation de tamazight au Mzab, depuis les ann?es 1970 ?

En v?rit?, nous pouvons constater tout un changement dans les mentalit?s et les comportements. Contrairement aux ann?es 1970, les gens accordent ? pr?sent une importance ? cette langue. Avant, il y avait m?me ceux qui ne supportaient point une quelconque pr?sence de tamazight dans les diff?rentes manifestations culturelles, mais par contre ces derni?res ann?es c'est le public qui insiste ? ce que les activit?s sociales et culturelles soient exprim?es dans sa langue maternelle. Aujourd'hui, il y a m?me quelques jeunes universitaires originaires de la r?gion du Mzab qui ont d?croch? des dipl?mes sup?rieurs de langue et cultures amazighe, et j'en suis tr?s fier. C'est le fruit de tous ceux qui se sont battus pour que nous arrivions actuellement ? ce stade. Mais cela ne veut pas dire que la mission est accomplie. En voyant ce qu'ont r?alis? nos fr?res kabyles et marocains, nous avons la conviction que le chemin est long pour sauver de la disparition une grande partie de notre raison d'?tre sociale, ? savoir la langue et cultures amazighe du Mzab.

Chaque variante amazighe a son (ou ses) trait(s) particulier(s). Par exemple, le kabyle se caract?rise par un vocabulaire abondant portant sur la faune et la flore, le touareg par un riche vocabulaire propre ? l'astronomie. Quel est principalement celui du Mzab ?

Tout particuli?rement, l'Amazigh du Mzab est caract?ris? par un vocabulaire relatif au m?tier ? tisser qui peut ne pas exister en aucune autre langue. En effet, j'ai essay? de traduire plus de 600 termes d'origine du Mzab se rapportant au m?tier ? tisser, mais j'ai constat? qu'il n'est pas possible de les traduire tous.
Je suis seulement parvenu ? traduire mot ? mot une centaine en arabe et environ 250 en langues latines. Une bonne partie d'entre eux a ?t? traduite par des p?riphrases et des d?tours pouvant aller jusqu'? quelques lignes.

Il y a aussi chez nous un riche vocabulaire propre au palmier et ? l'exhaure, et cela dans des d?tails bien minutieux.

Ce vocabulaire, d'apr?s mes connaissances, ne peut plausiblement exister ailleurs, comme il peut former une grande source lexicale qui peut donner naissance ? beaucoup de n?ologismes.
C'est tout un domaine vital qui refl?te la richesse de notre langue et toute une existence sociale-culturelle multi mill?naire.

Pourriez-vous nous parler de vos travaux de recherche ?

Mes travaux sont diversifi?s. J'ai r?alis? dans un style encyclop?dique en collaboration avec les chercheurs Ahmed Nouh Mefnoun et Brahim Abdesselam, un dictionnaire de tumzabt (mozabite) comportant quelques 500 pages qui couvrent tous les mots commen?ant par l'une des onze premi?res lettres de l'alphabet.
Ce qui repr?sente en gros le tiers de notre langue amazighe du Mzab. J'esp?re seulement que, dans un proche futur, d'autres chercheurs arriveront ? mener ce projet encyclop?dique ? terme.

J'ai aussi recueilli plus de 2500 adages, sentences, dictons, etc. du Mzab. La plupart de ces expressions a d?j? disparu de l'usage.

Il y a en outre un travail que j'ai entam? depuis 16 ans, mais il est actuellement ? l'arr?t. Il s'agit d'une bibliographie des At Mzab (Mozabites) et les Ibadhites.
Cette bibliographie est r?alis?e en puisant des r?f?rences ?trang?res que j'ai obtenues en Alg?rie et en France. A ce jour, cette bibliographie que j'ai toujours mise ? la disposition des chercheurs et des universitaires, compte autour de 8000 titres.

En outre et depuis 2002, j'anime une ?mission intitul?e "Iles nnegh" d'une demi-heure, 2 fois par semaine ? la radio locale de Ghardaia et ce, suivant la grille d'?t? qui dure de juin jusqu'? octobre de chaque ann?e.
Il s'agit d'un travail lexicographique et de vulgarisation lexicale destin? aussi bien aux jeunes qu'? l'ancienne g?n?ration. Cette ?mission a pour objectifs la correction, l'enrichissement et la sauvegarde du patrimoine linguistique amazighe du M'Zab.

A pr?sent, j'envisage de consacrer un volume horaire d'un quart d'heure, 2 fois par semaine ? la cha?ne 2, ? partir du mois juin prochain, et ce, pour animer une ?mission se rapportant ? la correction des unit?s lexicales de notre langue amazighe du M'Zab.

Vous avez recueilli beaucoup de termes et locutions portant sur le m?tier ? tisser. Est-ce que vous envisagez ? publier ce travail ?

Mon travail sur le tissage est le plus important par rapport ? notre entit?. Il est aujourd'hui entre les mains d'un collectif de jeunes b?n?voles de Bergan (Berriane), pour le pr?parer ? l'?dition.

En r?alit?, je n'ai pas suffisamment de temps pour le parfaire, puisque je suis tr?s pris par les mille et une vicissitudes de la vie.

On sait que le Conseil de la langue tumzabt a fonctionn? pendant de longues ann?es. O? en-est-il aujourd'hui ? Quels sont les projets r?alis?s et les r?sultats concrets qu'il a obtenus ?

Conseil de la langue tumzabt ! C'est trop dire. Nous ?tions seulement 3 ? 4 personnes. Nous nous sommes engag?s ? travailler pour ?viter ? la pr?server de sa totale d?ch?ance et ce, d'une fa?on tout ? fait b?n?vole aussi bien qu'infructueuse, je le pense. En bref, on peut bien dire que les r?sultats sont tr?s concrets comme l'on peut estimer que ceux-ci sont presque nuls.

En effet, notre r?le, au premier abord, ?tait de d?terrer et ressusciter tout ce qui se trouvait encore enfoui dans la m?moire collective de l'ancienne g?n?ration, car comme l'on dit : "l'extinction d'une vieille personne est une biblioth?que qui br?le".

Que pensez-vous de l'hypoth?se selon laquelle tamazight d?coule de l'arabe ?

La langue tamazight forme depuis la nuit des temps une langue autonome. Elle est scientifiquement d?finie par rapport ? une structure grammaticale et une ossature lexicale autonomes, c'est-?-dire elle ne d?pend d'aucune autre langue. Elle est aujourd'hui la langue maternelle de quelques dizaines de millions de citoyens appartenant ? des communaut?s de diff?rents pays. Ce serait donc un leurre d'essayer de dire qu'elle d?coule de telle ou telle langue. Quant au ph?nom?ne de vari?t?s, ceci d?coule d'un processus ?volutif multimill?naire ayant marqu? aussi bien l'aspect linguistique que socioculturelle des pays Nord-africains. En ?voquant le ph?nom?ne de diversification des vari?t?s linguistiques, je puis attirer l'attention que cela peut servir de base pour remonter le temps afin de d?gager les formes diachroniquement ant?rieures.

En raison du fait que la langue amazighe est tr?s ancienne et que sa pr?sence continue en Afrique du Nord remonte ? des p?riodes pr?historiques, l'amazighe rec?le grand nombre de mots que l'on rencontre dans d'autres langues comme le grec et l'anglais. Je suis parvenu ? conclure que 90% des mots anglais sont morphologiquement et s?mantiquement en concordance avec l'amazighe.
Cela ne peut ?tre consid?r? comme un pur hasard. Les ?nigmes linguistiques de ce genre sont appel?es ? ?tre r?solues avec le d?veloppement des sciences. Quant ? moi, je suis convaincu que Dieu, avec la cr?ation de l'homme et suivant les besoins de cette cr?ation, avait cr?? une langue m?re qu'avait apprise le premier homme de toute l'humanit?. Peut-on parler ici de l'existence d'un g?ne linguistique responsable de cet h?ritage linguistique de toute l'humanit? ? Je pense que de tr?s anciens traits linguistiques amazighes nous permet de dire que cette langue m?re de l'humanit? peut ?tre proche de la langue amazighe. Je suis pr?t ? mettre ? la disposition de tout chercheur travaillant sur les questions diachroniques les comparaisons et les conclusions auxquelles je suis parvenu afin d'approfondir davantage ces parall?lismes lexicaux.

Quels sont, d'apr?s votre exp?rience, les moyens les plus efficaces ? mettre en ?uvre pour la promotion de la langue amazighe au Mzab ?

L'un des moyens les plus efficaces qui peuvent avoir un impact rapide sur la soci?t? est la po?sie et les chants rythm?s (chorales) ainsi que les pi?ces th??trales (sketchs), et cela dans un mozabite sans n?ologismes. Je crois qu'une telle orientation peut permettre ? notre jeune g?n?ration de se familiariser avec son "idiome" afin d'appr?cier le vrai langage qu'employaient ses ascendants sans ?quivoques ni lacunes.

Bien ?videmment, le meilleur moyen de p?n?trer dans les foyers, c'est ? travers les m?dias, en l'occurrence la radio locale qui a commenc? ? ?mettre en Mozabite, il y a seulement cinq ans environ. Elle est tr?s suivie quand elle diffuse dans notre langue maternelle et traite de notre culture populaire.

Malheureusement, le programme horaire est actuellement tr?s restreint, seulement 2 ? 3 heures en langue mozabite sur un total de 56 heures diffus?es hebdomadairement.

Avez-vous rencontr? feu Mouloud Mammeri ?

Ma rencontre avec feu Mouloud Mammeri date de quelques mois avant sa disparition. Je lui ai rendu visite dans le Centre de Recherches Anthropologiques, Pr?historiques et Ethnographiques ? Alger. Je l'ai trouv? tr?s dynamique et j'ai pass? avec lui pr?s d'une heure. Nous avons parl? de son lexique Amawal que j'avais ?tudi? auparavant. J'ai bien essay? d'attirer son attention sur le fait que ce lexique contenait une mati?re qui devait ?tre r?vis?e, comme par exemple l'emploi de certains mots amazighes sans garder leurs sens s?mantiques habituellement employ?s dans l'?tat synchronique et le recours aux mots extra amazighes en d?pit d'existence de mots ayant les m?mes sens dans certains parlers.

Je lui ai annonc? que je le reverrais une autre fois pour lui communiquer mes remarques, en vue d'une r?vision. Il m'avait r?pondu que le lexique Amawal, malgr? les erreurs qu'il contient, ?tait primordialement ?labor? dans le but de combler un immense vide lexical. C'?tait malheureusement la premi?re et la derni?re rencontre que j'ai eu avec lui, puisqu'il d?c?dait quelques mois apr?s. Sa personnalit? profonde et cette unique rencontre ont laiss? en moi une trace ind?l?bile.

A part tamazight, avez-vous d'autres centres d'int?r?t ?

Il f?t une p?riode o? je me suis int?ress? ? l'astronomie et ce, dans le but de raviver ma foi en Dieu, le cr?ateur des cieux et des astres.

J'ai m?me fond? et dirig? au sein de l'institut El Islah un club d'astronomie qui a fait d'?normes progr?s.

Vous ?tes aussi un grand collectionneur de photos anciennes. Est-ce par amour ou un loisir ?

C'est vrai, je suis un passionn? de photos, notamment les plus anciennes. J'en ai qui remontent jusqu'? 1870. Je les ai expos?es ? maintes reprises. La derni?re fois, c'?tait dans une grande salle que les P?res blancs, auxquels j'exprime, ? l'occasion, toute ma gratitude, ont mis ? ma disposition.

Je me suis int?ress? ? la collection des cartes postales anciennes (de 1890 ? 1950) qui relatent l'?volution et la croissance de mes deux r?gions, en l'occurrence, la r?gion de Tiaret et celle du Mzab. Je poss?de quelques 1200 cartes postales anciennes et rarissimes.

Comment vivez-vous votre langue maternelle au quotidien ?

Je ne suis pas un ph?nom?ne ; je ne sors pas de l'ordinaire. Je parle tamazight comme le font mes contemporains, mais diff?remment de la fa?on dont je l'?cris, et cela d?pend aussi de mon interlocuteur.

Je ne la pratique pas de fa?on alt?r?e comme le font beaucoup de jeunes. Car ces derniers par l'amalgame de leur culture, ni autochtone, ni orientale, ni occidentale, parlent plut?t un charabia sans aucune notion de grammaire et, surtout, sans style. C'est vraiment dommage !

Etes-vous satisfait de ce que vous avez r?alis? ?

Je suis relativement satisfait, car j'esp?rais davantage de r?sultats. Je ne d?sesp?re pas pour autant, car il y a quand m?me, aujourd'hui, une nette prise de conscience chez les jeunes des deux sexes. Par contre, ce que j'aimerais voir et vivre, c'est la prise de conscience totale de nos jeunes, de l'ensemble de Tamazgha pour la sauvegarde et la promotion de leur langue.

Quel est le rapport qui doit exister, selon vous, entre les trois langues pratiqu?es en Alg?rie, tamazight, l'arabe et le fran?ais ?

Un rapport de bon voisinage, de respect mutuel et de civilit? entre les utilisateurs de ces langues doit se d?velopper dans l'Alg?rie d'aujourd'hui et de demain en partant du principe que les langues comme les hommes naissent et vivent libres. C'est un droit universel.


Pour conclure, votre message ? la g?n?ration montante ?

Le seul conseil de sage que je lui prodigue, c'est de faire en sorte que leur langue maternelle r?siste face aux al?as et vicissitudes du temps et ? un environnement culturel de plus en plus hostile. Avec la pr?servation de leur langue et surtout sa promotion, ils ?viteront, d'une fa?on in?luctable le risque de perdre leur identit? en tant qu'Alg?riens.

Quant ? l'anglais, le fran?ais et l'arabe, que chacun leur accorde la m?me importance. Mais que chacun veille pratiquer sa langue maternelle d'une fa?on inalt?r?e et correcte comme le font nos grands-m?res et arri?re-grands-parents. Il faut mettre fin ? ce drame qui fait qu'une vieille personne qui s'?teint soit une biblioth?que qui br?le.

Tanemmirt tameqqrant !

Entretien r?alis? par Hammou Dabouz in Racines-Izuran, Samedi 24 Juin 2006.
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