Qui sont les Mozabites?

... et la forteresse de Beni Yezguen.

Modérateur: mbibany

Qui sont les Mozabites?

Messagede FARES » Jeu Juil 07, 2005 14:16

Qui sont les Mozabites ?


Les Mozabites ou béni-M'zab ou béni-Moussab appartiennent aux tribus zénètes et à toutes celles des berbères qui en dépendent. Ils se sont installés dans la vallée enclavée de monticules dénommés CHEBKA au sud d'Alger entre "Laghouat" et "El -Maniàa" ; Une grande partie de la population y résidant est adepte de l'Ecole Ibadhite étant elle - même une des Ecoles de la jurisprudence musulmane. Toutes régions porte l'appellation de la population qui s'y trouve: Mizab ou M'zab ou Missab (la lettre "sad" est substituée à la lettre "zaï" et inversement). Il faudrait savoir que le mot Missab désigne une tribu d'origine berbère (Les Berbères Zenétes) comme l'affirme "Ibn - Khaldoun" dans son encyclopédie historique. «Les beni-Ouassin et leur descendance comme les beni-Mérine et beni-Toujine et béni-Missab se sont enfuis devant les hordes sanhagiennes vers le désert marocain et le Maghreb central entre les régions "Melouiya" et le "Zab" de même qu'en direction des zones désertiques africaines; à cette époque là les populations d'origine arabe n'avaient aucune implantation d'Ecole spirituelle ni de sédentarisation jusqu'au 5ème siècle de l'hégire» le propos de l'historien vise l'incursion hilalienne en Afrique du Nord après le 4 ème siècle de l'hégire ( 10 ème siècle après J.C). Dans son oeuvre l'histoire générale de l'Algérie de cheikh Abderrahmene Mohammed El-Jilali qui s'est inspiré d'Ibn -Khaldoun; il rapporte ceci: «le pays dit "M'zab" et l'appellation de la population ayant choisi le lieu pour s'y installer. Les béni-Missab sont des berbères appartenant à la généalogie de "Badin ben Mohammed ben Oueld Zahik ben Ouassine" de la tribu des zénètes qui s'était subdivisée en plusieurs lignées tes béni-Abdeloued, les béni-Mérine, les béni-Toujme, les béni-Missab.. et les béni-Zerdel; ces descendances se rejoignent toutes par alliance à Badine ben Mohammed» Quant au cheikh Moubarek EI-Mili après avoir rappelé les propos d'Ibn - Khaldoun note ceci : les béni-Abdelouad qui se trouvent au M'zab sont les descendant des béni-Methar ben -Yemel ben yezguen ben El-Kassim; il se trouve également au M'zab un substrat de tribus lemaya et Senbaja». Ceci pour ce qui est de rascendance des béni-Mizab. Quant à leur croyance religieuse et à leurs appartenance à une Ecole de jurisprudence de Droit musulman leur majorité s'apparente à l’Ibadhisme doctrine qui compte les Ecoles spirituelles musulmanes: son leader politique n'est autre que "Abdallah Ibn Ibad" qui vécut entre la fin du I" siècle de l’hégire et le début du second, C'est en Irak que se développa I’Ibadhisme du fan que ce pays était durant le 1er siècle de l'hégire le foyer d'une forte densité de population arabe qui s'était constituée a l'issue de la propagation de l'Islam à "Basra" et "Koufa" . D'autre pan, l'Irak comptait de nombreux compagnons et exégétes; et était le centre d'oppositions armées et de révolutions contre l'oppression du pouvoir des "Omeyyades". Ces ingrédients réunis donnèrent naissance à une floraison d'idéologies religieuses et de dissension d'ordre politique et sociale A cette époque là, la discorde de pensée allait de pair avec l'opposition politique et chacun se devait alors d'argumenter ce qui pouvait attester la véracité de ses choix.

L'opposition et l'antithèse -Messieurs- ne sont pas une chose singulière mais font partie des canons de la vie et constituent l’une des volontés –divines devant régir le Temporel; sans elles la monotonie proche de la mort gagnerait l'existence et la rendrait Insipide, c'est pourquoi l'histoire de l'humanité en est le foyer. Par contre la difficulté réside dans le fait qui! résulte de ces diverses formes de pensée des discordes, des inimitiés et des haines qui ont porté de graves préjudices à E'humanité et ce, sans discontinuité. Malgré cette realité, les musulmans se sentent appartenir à la. même "Oumma" grâce aux commandements que dictent notre livre sacré -le Coran- et qui servent un tant soit par à réduire nos divisions:« Les croyants ne sont rien moins que des frères Réconciliez donc vos frères [ quand ils sont séparés par un différend ] et craignez Dieu pour [mériter] sa miséricorde » . (Les appartements "El-Hujurat" 49-10). « cette [communauté], c'est votre communauté, une communauté unique et suis votre Seigneur.Craignez-moi » (Sourate les croyants 23-52) .

Intervention de : Cheikh Brahim Mouhammed Tellai (membre du conseil supérieur islamique).Traduction française : Brahim Nouh Mefnoun.

Source:http://www.mzab.online.fr
FARES
 

l'autre point de vue

Messagede Amghar » Mar Aoû 30, 2005 11:04

Re: Arabe et M'zab est ce encore un tabou
Auteur: Salah
Date: le 15 July 2005 à 04:15PM

Chers amis
Permettez-moi de contribuer à l’échange d’idées à propos <......>de rapprocher les communautés arabe et mozabite qui se côtoient dans cette très belle et austère Chebka du Mzab. Faire taire la haine ancestrale en commençant par faire travailler ensembles les associations de jeunes voilà un beau et généreux programme <..>.

Ce rêve sincère et légitime est, me semble – t - il, partagé non seulement par les intervenants <...>, mais également par l’écrasante majorité de la population locale ( arbi et mzabi). De très nombreuses initiatives ont été prises à travers l’histoire du Mzab avec plus ou moins de réussite.

Aujourd’hui encore, de très nombreux citoyens du Mzab, toutes appartenances confondues, ne nous ont pas attendu pour s’engager dans un travail associatif local ou national, sans esprits partisans et avec abnégation et fraternité sincère pour le bien de tous.

Pour autant, personne ne peut nier l’existence de représentations négatives, agressives, malveillantes, de fantasmes empruntes de rancunes, d’animosités, et d’aversions que se balancent les deux communautés depuis des dizaines d’années. Ces représentations se présentent parfois sous le voile de reproches d’ethnocentrismes pour l’une et de manque de valeurs morales pour l’autre.

Mon propos n’est surtout pas de chercher à détailler et vérifier la consistance des accusations réciproques. Il n’est pas dans mes intentions de rechercher qui a raison et qui a tord, qui souffre le plus et qui souffre le moins. Qui commence. Il n’est pas, non plus, dans mon objectif de nourrire et d’alimenter ces préjugés en les justifiant ou en prenant la défense de ma communauté contre l’autre. Mon propos n’est pas non plus de trouver des explications sur le bienfondé ou la nature de ces idées préconçues. J’essaie simplement de poser les termes de la problématique le plus objectivement possible.

Donc, cette préoccupation <..... >des ’autres participants à ce dialogue, de semer la concorde, la paix entre des populations vivant sur un même territoire est noble comme l’a qualifié un intervenant. Elle doit être abordée avec optimisme et réalisme.

Je m’explique : Je partagerai totalement ce Rêve s’il a pour objectif de pacifier les relations entre les deux communautés rivales au Mzab et réaliser la paix, la concorde, la coopération sincère et la fraternelle pour le bien de tous.
Mais s’il s’agit d’agir pour gommer les différences et la diversité, d’œuvrer pour faire disparaître les particularités, les spécificités linguistiques culturelles, religieuses et sociales bref pour nier le droit à la différence qui constitue la richesse même de l’humanité, le moteur de la vie, là je serai totalement en désaccord

Dans cet esprit, en tant que Mozabite ibadite, j’accepterai volontiers l’altérité naturelle et librement consentie de mon identité à laquelle je suis farouchement attaché. Mais je refuserai toute dissolution suggérée ou imposée de ma personnalité aussi atypique puisse – t – elle paraître.

En effet, peut-on exiger la disparition d’une communauté du fait qu’elle serait minoritaire sur un territoire, autrement dit lui demander de se laisser assimiler et de fondre dans l’autre ?

N’existent-ils pas des rivalités internes à ces deux communautés tout autant naturelles et nécessaires à la vie, entre les individus, les familles, les tribus, les soffs,les courants conservateurs et réformistes, les quartiers, les associations politiques… Certaines rivalités politiques, culturelles et sociales traversent largement les frontières communautaires et linguistiques et sont de dimensions plus larges .

Je suis fière d’être ce que je suis et je reconnais aux autres ce droit. Ce ne serait pas du tout chauvin de ma part d’affirmer que cette identité mozabite qui est la mienne, aussi minoritaire soit-elle, est autant porteuse de valeurs universelles que les autres.

Pour ma part, j’œuvre (j'essaie du moins d'oeuvrer) pour que cette identité collective soit ouverte aux idéaux de progrès de modernité, de tolérance et de fraternité humaine tout en cultivant ma différence individuelle d’ailleurs en évolution constante.

Par ailleurs, faut-il rappeler des notions valables dans le traitement de toutes les cultures et identités. Ainsi, dans le Monde les identités sont multiples, au niveau des personnes liées au sexe, à l’âge, au niveau des appartenances sociales, religieuses, géographiques ethniques, aux choix culturelles. Ces identités bougent évoluent changent, se construisent se déconstruisent. Elles se composent, se décomposent, se recomposent à travers les âges, les sociétés, l’histoire et les territoires. C’est ainsi que va la sunna d’Allah sur sa créature. On ne peut donc les traiter comme des entités immuables sans être essentialiste.


Ainsi par exemple, je pense que le principe de brassage des populations tant exigé à notre communauté ne peut se faire que naturellement par choix individuel librement consenti. Il ne peut être imposé par décret ou profession de foi: Les mariages mixtes se multiplient, les filles poussent leurs études au delà du Bac, de la licence, du doctorat, rejoignent le monde du travail parce que les conditions objectives et subjectives commencent à être réunies. Certains diraient tant mieux d’autres crieraient au scandale. C’est ainsi que va la sunna d’Allah sur sa créature.
Je peut tenter une explication : Les replis identitaires surviennent à chaque fois que le corps social se sent en danger de disparition. Le corps social se décrispe lorsqu’il se sent en confiance. Je suis convaincu, en optimiste invétéré, que le corps social trouvera les moyens de vivre son époque.

Par ailleurs, les effets des rivalités des communautés sont connus et sont objet d’études et de traitement : On sait comment se manifestent et s’expriment les préjugés que se fait les populations rivales sur un territoire, quelle en serait l’origine des discordes, à quels moments ces dernières se manifestent, qui en porte la responsabilité, sont - elles inévitables, comment les surmonter…
Les rivalités communautaires plus ou moins violentes existent un peu partout dans le monde. Ainsi va le monde. Cependant, il ne faut pas trop exagérer le fossé qui sépare nos deux communautés. L’expression violente de la rivalité peut exister même entre deux équipes de foot, entre deux familles. Elle n’est pas l’apanage du Mzab.


Dans les conditions qui sont les nôtres, il n’y a qu’un seul chemin qui n’est pas du tout en contradiction avec notre religion, notre culture et nos traditions: Il s’agit de mettre en place des règles démocratiques de gestion de la société et une justice applicable à l’ensemble des membres de la communauté nationale ou même supra- nationale et accepter la rivalité non pas comme une malédiction mais comme un moyen d’avancer ensemble vers un avenir toujours meilleur.
Et là il y a urgence. Urgence de contribuer, tous ensemble, à bâtir dans notre pays un Etat de droit dans lequel la rivalité pacifique entre individue, classes sociales et communauté serait un élément constructif et constitutif de la vie.
Oua Assalam alaikoum oua rahmatou Allah.

source:mzab-online.com
Amghar
 


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