Acquisition des manuscrits : (Preserver les documents)

en arabe, latin ou tifinagh?

Modérateur: amdyaz

Acquisition des manuscrits : (Preserver les documents)

Messagede mbibany » Mar Aoû 09, 2005 08:53

Bibliothèque nationale d’Algérie
Acquisition de sept manuscrits rares des 16 et 17e siècles



** Sept manuscrits, datant environ des 16e et 17e siècles, ont été achetés récemment par la Bibliothèque nationale d’Algérie, chez des particuliers, dans le cadre de la politique de collecte, de conservation et de communication destinée aux chercheurs et spécialistes.
Ces ouvrages sont constitués d’un essai d’explication du Coran, par Abderahmane Ben Mohamed Makhlouf Thaâlibi, d’un Commentaire sur la théologie, par Ali Ben Ali El Boukhari, d’un manuscrit incomplet sur le même thème et de quatre autres, portant sur la philosophie, la grammaire et la théologie, émanant de spécialistes différents.
Une étude philosophique et logique de Chems Eddine Ben Mohamed El Attab El Khasradji, une recherche sur la rhétorique de Ibn Malek, rédigée par Abou Mohamed Abdellah Djamel Eddine, ainsi qu’une investigation sur la théologie, d’un auteur inconnu, font également partie de ces écrits anciens.

** Le coût total de ces manuscrits est de l’ordre de 240 000 dinars, soit 140 000 dinars pour les quatre premiers ouvrages et 100 000 pour les trois derniers, le tout versé à ces nationaux, détenteurs de ces véritables trésors culturels, que les sociétés algérienne, maghrébine et africaine ont produits jadis.
"Ces supports s’adjoignent, ainsi, aux 3.868 volumes de manuscrits en langue arabe, turque, perse, amazigh et latin conservés à la Bibliothèque nationale ", précise Mme Lamya Boudouha, chef de service des manuscrits, dont " le plus ancien, ajoute-t-elle, est un fragment du Coran sur parchemin, en caractères koufi, situé entre les 8e et 9e siècles ".
Par ailleurs, les critères d’achat des manuscrits, par cette institution, se fondent à partir d’une échelle qualificative et évaluative, relevant désormais d’une nouvelle discipline, appelée " codicologie " ou science des manuscrits.

Cette échelle intègre la notoriété de l’auteur et du copiste, la valeur muséologique (ancienneté), la valeur thématique (contenu), la rareté, le genre calligraphique, la nature et l’état de la reliure, la qualité du papier du document et éventuellement, les fioritures, illustrations, ainsi que les commentaires sur le sujet traité.

A propos du contenu, Mme Boudouha souligne que l’option porte, surtout sur des documents axés sur l’astronomie, la géologie, la géographie, "car, note-elle, nous possédons des manuscrits en plusieurs exemplaires sur le Coran et la religion".

** Une fois, les manuscrits déposés, analysés, évalués et acquis, la Bibliothèque procèdera ensuite aux différentes étapes de la chaîne de traitement et de préservation de ces documents : numéro d’inventaire, cotation, enregistrement, désinfection, restauration, reproduction sur différents supports (papier, C.D. ou microfilm), enfin classement.
En général, la Bibliothèque essaie d’acheter tous les manuscrits qui lui sont proposés, au regard de sa stratégie de collecte, de rassemblement, à l’échelle du territoire national et de sauvegarde de ce patrimoine en péril, d’après M. Bouzid Khelili, chef de département des manuscrits, " d’autant que certains documents méritent, dira-t-il, d’être détenus par celle-ci ".
Aussi, afin d’encourager leurs possesseurs à les vendre, " avons-nous revu les barèmes d’achat à la hausse, précisera-t-il, car la Bibliothèque nationale est la seule Institution habilitée à les conserver, d’où la création prochaine du Centre National des Manuscrits d’Adrar (porte africaine du Maghreb), à l’instar de ceux créés dans d’autres pays, tels le Mali, les pays du Golfe.

Ce centre, considéré comme la solution idoine à une véritable prise en charge des manuscrits, sera appelé à préserver ceux, notamment, entreposés dans les khizanates (bibliothèques traditionnelles), réparties à travers un grand nombre de ksour, qui sont soit une propriété individuelle, grâce à un héritage de père en fils, soit familiale, soit celle d’une tribu ou d’une zaouia.

Comme il est constaté, ces écrits dans ces khizanates, qui peuvent receler des milliers de manuscrits (ksour de Tamentit et Melouka), ou à peine une dizaine, relèvent non seulement du patrimoine national, mais aussi sont des biens privés.
Pour gagner la confiance de leurs propriétaires, victimes de pillages et de confiscations, d’abord par les autorités coloniales, puis après l’indépendance, par certains individus, "ce centre s’attellera à créer un climat, basé, explique encore M. Khelili, sur des relations sereines et saines entre ces personnes et cet organe, en créant en son sein, des magasins, au nom de leurs zaouias, par exemple".

**En effet, il y a lieu de souligner que l’Algérie est l’un des rares pays du Maghreb et du Machrek à regorger, surtout dans sa partie subsaharienne, d’un des plus riches et plus importants gisements dans ce domaine, dont certains fonds sont rehaussés par l’existence de manuscrits inestimables : le Mashaf Othmani, de Tamentit et le Tineghbouya (d’Akabli), la prestigieuse Ghounia du Belbali de Melouka (droit), les Fataoui du Zejlaoui d’Inzegmir (droit).

Seules les bibliothèques spécialisées de Washington, Leyde (Pays-Bas), Berlin, Londres, Paris, se disputent la rareté de quelques-unes de ces copies, conservées jalousement par ces prestigieuses codicothèques, qui peuvent, ainsi se targuer de détenir des pièces uniques au monde, remarquables par leur richesse géo-historique, culturelle, codicologique et bibliologique.

Par : EL MOUDJAHID Le : lundi 08 août 2005
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