Le Coran en tamazight ou Leqwran stmazirt par Remdane At Men

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Modérateur: amdyaz

Le Coran en tamazight ou Leqwran stmazirt par Remdane At Men

Messagede mbibany » Lun Fév 05, 2007 09:44


Le Coran en tamazight ou Leqwran stmazirt par Remdane At Mensour
Une premi?re en Alg?rie



La traduction du Coran est en elle-m?me une ?uvre de longue haleine tant le livre sacr? est d?une ?criture arabe inimitable par son lexique et sa grammaire parfaite. Il n?est pas donn? ? tout le monde de r??crire le texte dans une autre langue, f?t-elle la plus abordable.


D. Masson et J. Berque, plurilingues reconnus et ?crivains d?envergure internationale, ont d? aplanir maintes difficult?s dont les interf?rences d?ordre lexical et grammatical pour faire passer le Coran de l?arabe classique ch?ti? au fran?ais relev?.

La premi?re particularit? de la traduction admirable de Remdane At Mensour est d?avoir ?t? donn?e dans deux modes de transcription, celui qu?avait mis au point Mouloud Mammeri et qui s?est av?r? ?tre le meilleur, celui de l?un des plus vieux alphabets du monde, le tifinagh.

Le livre est accompagn? d?un CD qui pourrait ?tre d?une grande utilit? pour tous ceux qui n?arrivent pas ? d?chiffrer.

L?arabe du Coran et le tamazight, deux langues qui se sont c?toy?es depuis les d?buts de l?islam

Que les amazighophones lisent d?sormais dans leur langue maternelle le
Coran est quelque chose de merveilleux mais pas nouveau; les sourates de notre livre sacr? ne leur sont pas ?trang?res.


Ils les ont apprises ou lues en arabe, depuis les plus lointains anc?tres.
Il ne faut pas oublier que les r?gions berb?rophones sont celles qui, dans le pass?, ont ouvert le plus d??coles coraniques et de zaouias, bien avant l?occupation coloniale. Jusqu?? nos jours, des imams polyglottes en sont sortis et accomplissent honorablement leur mission.

Certains, en pratiquants convaincus, mais dont le nombre se r?duit d?ann?e en ann?e, r?citent le Coran en arabe et ils le traduisent sur le champ en tamazight et en fran?ais. On les remarque par leur aisance, dans les c?r?monies religieuses, comme la fatiha.

Cette traduction du Coran en tamazight, une premi?re que l?on connaisse en Alg?rie, mais qui fait suite ? d?autres. Remdane At Mensour cite celle, partielle, en Europe, de Kamel Na?t Zerrad (1998), puis celle de Houcine Jouhadi.

Nous souhaitons que celle que nous avons entre les mains soit la meilleure dans la mesure o? elle est suppos?e avoir b?n?fici? de l?exp?rience des pr?c?dentes, cela entre dans la logique des grands livres comme le dictionnaire, qui vont dans le sens de la perfection au fil des ?ditions.

Un livre accompagn? d?un CD Rom

Comparativement aux traductions anciennes et en d?autres langues, celle-ci associe l??crit ? l?oral, moyennant r?alisation d?un CD Rom fort appr?ciable pour tous ceux qui ont besoin de ce support pour mieux comprendre le texte et aider ? une meilleure diction et ? la m?morisation des mots non usit?s dans toutes les r?gions amazighophones.

Contrairement aux autres langues qui ont ?volu? dans l?unit? lexicale, le tamazight a ?t? priv? du support de l??criture pendant des mill?naires ; ce qui explique les nombreuses variantes d?ordre phon?tique, morphologique, lexical sur fond de grammaire commune.

Remdane Ath Mensour a su transcender ce type de difficult? majeure en usant largement du registre ? la fois commun et recherch?, celui des sages d?antan qui avaient la ma?trise de la langue.

Revenons ? cette publication de po?mes kabyles d?antan ?Isefra nat zik? (d?cembre 1998) compos?s dans langue esth?tiquement recherch?e et dont le contenu est en grande partie ? vocation religieuse. Anonymes pour la plupart, ils ont v?hicul? au fil des si?cles la sagesse populaire et un contenant de haute tenue litt?raire. Beaucoup ont ?t? chant?s par les khouans, fervents pratiquants musulmans, anciens des ?coles coraniques ou adeptes des saints marabouts.

Chikh Mohand Oul Houssine dont Mouloud Mammeri a reconstitu?, dans un livre qu?il lui a consacr?, tout le parcours religieux et po?tique, fut un saint marabout qui r?unissait autour de lui des khouans venant prendre part ? des joutes oratoires devant un public de plus en plus nombreux, ainsi qu?aux soir?es de chants religieux.

La traduction, un travail de ma?tre

L?exp?rience nous a apport? la preuve que pour traduire, il faut ma?triser la grammaire et le vocabulaire des deux langues. De plus, on ne traduit pas mot ? mot au risque de faire un calque ou une faute d?interf?rence et ce, ind?pendamment de toute forme de contresens. Nous en avons fait l?exp?rience avec la traduction des ?uvres de Taha Hussein, Tewfik El Hakim, El Akad.

Nous avons remarqu? dans cette traduction en tamazight, pour nous qui avons lu le Coran en arabe et en fran?ais, une parfaite conformit? au texte d?origine. Pour les habitu?s des textes en tamazight, la lecture se fait sans ambages. Les non initi?s devraient faire preuve d?efforts soutenus pour se familiariser avec des mots non usit?s partout ; tel est l?inconv?nient des variantes d?une m?me langue rest?e sans support ?crit pendant des si?cles.
On a choisi, pour ?tre plus convaincants une aya, la 264 de la sourate ?El Baqara?, jug?e plus facile ? comprendre, et qui donne ? d?couvrir des mots du langage recherch? : ?Awid iumnen. Ur ssemsayet ssadaqa nnwen, stiyta akw d rregmat. Am win iseddqen ayla s, iwakken at id walin meden, ur iumin s Rebbi, d wass aneggaru. Icuba tazrut irum wakal. Iwwet fellas uzayed, iggat dasuki. Ur d s faydayen acemma seg wayen kesben. Rebbi ur inehhu yara agdud ijehliyen.?


Une traduction jug?e tr?s bonne pour qui conna?t la version originale et son ?quivalent en fran?ais, sauf que certains mots ne font pas partie de tous les lexiques des aires berb?rophones. Il aurait fallu comme l?ont fait tous les traducteurs du Coran adjoindre en notes des ?claircissements concernant quelques termes, ? l?exemple de azayed qu?on pourrait remplacer par ageffur ou azfuf. Naturellement, ce ne sont l? que des suggestions et non des critiques, le travail de Remdane Ath Mensour, connu pour sa rigueur, ?tant indiscutablement bon.
On aimerait quand m?me, ? titre de comparaison, parler des traductions de Jacques Berque ou de D. Masson, pour dire qu?elles comportent des passages que, malgr? leur ?rudition et leur savoir-faire, ils n?ont pu rendre de mani?re claire en fran?ais.

Puisqu?on parlait de pluie qui d?nude le rocher dans la aya cit?e pr?c?demment (V 164, S 2), et vu la s?cheresse que nous vivons par l?insuffisance pluviom?trique, l?id?e nous est venue de reprendre la sourate ?Nouh? qui nous a donn? ? relever le verset 11 traduit en : ? Il vous enverra du ciel une pluie abondante? alors qu?il fallait traduire par : ? Il enverra le ciel sur vous en pluie (donn? en note par Masson); les deux formes ne donnent pas le m?me sens. La traduction en tamazight correspond ? peu pr?s ? la premi?re version : ?Ittazen awen d ageffur, seg iggenni, d ihedman?; nous avons ici le mot ageffur qu?on aurait souhait? avoir ? la place de azayed dans la aya de la sourate ?El Baqara?.

Il existe de nombreux passages difficiles ? traduire et qui en disent plus long qu?on pense. Toute erreur d?interpr?tation, dans pareils cas, peut ?tre f?cheuse. Ce qui arrive lorsqu?une aya est d?une densit? telle que nous nous exposons ? des risques d?incompr?hension. Par exemple, il peut nous arriver de choisir ? la place d?un sp?cifique un g?n?rique qui r?pond mieux au contexte d?emploi.

En parcourant les sourates, une aya a particuli?rement retenu notre attention tant par la clart? de la traduction que par le choix judicieux des termes relevant d?un langage de connaisseurs dans le domaine religieux o? la force de conviction reste de rigueur. La aya en question est la 2 de la sourate Ajemmal ou sourate ?El Hacher? ou ?Rassemblement?.

?D netta, issuffren seg yexxamen nnsen wid ijehlen seg at Tira, Iujemmal amez waru. Ur tuminem ara ad ffyen. Ri len leswar nnsen a ten sellken si Rebbi. Ikka yasen d Rebbi seg wanda ur bnin. Issekcem tugdi deg ulawen nnsen. Sxerben ixxamen nnsen si fassen nnsen, akwd i fassen, n lmumnin. Meyyz et a wid it walin.?

Nous revenons au CD que nous avons longuement ?cout? et qui semble ?tre d?une utilit? incontestable pour tous ceux qui n?arrivent pas ? d?chiffrer correctement. La voix qui r?cite, probablement celle de l?autre, ?mane d?un connaisseur ?tant donn? sa parfaite diction, condition n?cessaire pour rendre r?ceptifs et motiver les auditeurs. Ceci ? la mani?re des imams ?loquents que la Kabylie a connus en des lieux et lieux, sachant r?citer le Coran, le traduire et l?expliquer avec aisance. Se r?f?rer ? des sourates du Coran ou les traduire en tamazight n?est pas quelque chose de nouveau. Avec Remdane At Mensour, nous avons pour la premi?re fois toutes les sourates du Coran sous forme ?crite.


Dans l?ancien temps et au fil des g?n?rations, ceux qui ont appris le Coran tr?s jeunes et ils ont ?t? nombreux ? avoir fait l??cole coranique, ont compris le contenu au point de pouvoir l?interpr?ter pour l?expliquer ? d?autres. Nous en avons un exemple frappant en Si Mohand, po?te errant qui aurait pu devenir professeur de zaouia ou ma?tre d??cole coranique si l?arm?e coloniale fran?aise n?avait pas ras? son village et d?cim? sa famille. N?ayant plus de famille et traqu?, il a err?. Il lui est arriv? d?aller jusqu?en Tunisie o? il a exerc? comme ?crivain public. Sa po?sie ?tait ?maill?e de termes de langue arabe dont il avait la ma?trise pour avoir suivi, apr?s l?apprentissage du Coran, le cycle d?enseignement d?une zaouia, sorte d?universit? ? l??poque.

Boumediene A, journaliste de la Nouvelle Republique.


Leqwran stmazirt,
Remdane At Mensur,
ed. Zyriab,
2006, 491 pages
mbibany
 
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